Madame Bovary, c’est (pour) nous !

Partageant, avec Clotilde et Eric, une passion inextinguible pour la langue de Gustave Flaubert (je me rappelle souvent, notamment, ces mots du 1er chapitre de Madame Bovary qui consacrent ce moment précis où, lors d’une rencontre galante, le contact des cœurs se produit : « […]elle se mit à parler du couvent, Charles de son collège, les phrases leur vinrent. »), je rends hommage au long travail (10 ans !) des 130 spécialistes bénévoles (issus d’une douzaine de pays) qui, sous la houlette de l’Université de Rouen, nous offrent désormais la possibilité, en plus de lire sous sa forme numérique le texte intégral de  « Madame Bovary », d’en feuilleter le manuscrit et ses 4500 feuillets de brouillons, sans compter les multiples apports annexes : plans et scénarios, études génétiques, cartographie, correspondances…

Et si vous avez encore besoin d’être convaincus, je vous soumets ce regard (d’Emma ?) sur la ville de Rouen, à travers le vasistas de l’hirondelle

« Puis, d’un seul coup d’oeil, la ville apparaissait. Descendant tout en amphithéâtre et noyée dans le brouillard, elle s’élargissait au delà des ponts confusément. La pleine campagne remontait ensuite d’un mouvement monotone, jusqu’à toucher au loin la base indécise du ciel pâle. Ainsi vu d’en haut, le paysage tout entier avait l’air immobile comme une peinture ; les navires à l’ancre se tassaient dans un coin ; le fleuve arrondissait sa courbe au pied des collines vertes, et les îles, de forme oblongue, semblaient sur l’eau de grands poissons noirs arrêtés. Les cheminées des usines poussaient d’immenses panaches bruns qui s’envolaient par le bout. On entendait le ronflement des fonderies avec le carillon clair des églises qui se dressaient dans la brume. Les arbres des boulevards, sans feuilles, faisaient des broussailles violettes au milieu des maisons, et les toits, tout reluisants de pluie, miroitaient inégalement, selon la hauteur des quartiers. Parfois un coup de vent emportait les nuages vers la côte Sainte-Catherine, comme des flots aériens qui se brisaient en silence contre une falaise.« 

Une Réponse

  1. Ce projet a été réalisé en partenariat entre la ville de Rouen avec sa bibliothèque et l’université de Rouen avec le centre Flaubert.

    La bibliothèque de Rouen conserve les manuscrits de Madame Bovary et a réalisé la numérisation de l’intégralité des folios et était en charge du projet de conception de l’interface internet.

    L’université de Rouen avec le Centre Flaubert avait la responsabilité du contenu scientifique de l’édition et a constitué le réseau des transcripteurs.

    L’adresse officielle de cette édition intégrale sur le web des manuscrits de Madame Bovary est

    http://www.bovary.fr

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