Koha : l’Infothèque répond à Bambou

Après le SCD Lyon 3 et la bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, Bambou a sollicité nos collègues de l’Infothèque (pôle universitaire Léonard de Vinci) pour qu’ils nous livrent leur premier retour d’expérience, 5 mois après la mise en production de la version 3 de Koha. On remercie donc plus particulièrement Guylène Parent (Directrice-adjointe et responsable du système d’information documentaire) d’avoir bien voulu se prêter à notre jeu de questions-réponses.

Bambou : “Pourquoi l’Infothèque a-t-elle fait le choix d’un logiciel libre et de Koha en particulier ?”

Infothèque : “L’Infothèque avait réalisé sa première informatisation en 1995 avec Ever et a suivi et adopté, pas toujours sans mal (passage à la version client/serveur un peu douloureux ), les évolutions de Loris pendant 15 ans.
Une étude de notre système d’info en 2006 avait abouti à une évolution en plusieurs étapes [portail, recherche fédérée, accès aux revues électroniques…], la dernière étant le changement de SIGB.
Cette dernière étape est venue avec l’annonce, en 2009, de l’arrêt de la maintenance et de l’évolution de Loris. C’était le moment de regarder le marché et aussi certainement de quitter Ever, j’étais peu convaincue de Flora qui faisait suite à Loris. Nous avions besoin de changement.

Dès 2008 je me suis intéressée et appuyée sur les communications du groupe de travail lyonnais sur les logiciels libres, participé à des journées d’études, pris contact avec des organismes universitaires ou écoles qui avaient fait le passage vers le libre.
D’autre part, notre département informatique était favorable au logiciel libre, déjà largement utilisé au Pôle universitaire (système d’exploitation linux, serveur web, applications bureautiques, gestion de contenus, messagerie, etc..). De ce point de vue, l’implication du service informatique a été satisfaisante, la coopération technique tout au long du projet aussi.
En France, Koha avait le vent en poupe, il bénéficiait de développements récents ou à venir (Réseau San Ouest Provence), était soutenu par une communauté internationale active et porteuse.
Faire le choix du libre, c’était aussi rompre avec la logique commerciale des éditeurs, maitriser mieux les coûts liés à la maintenance, ne plus se sentir chevillé à une entreprise seule garante de l’évolution de son produit, adopter des standards informatiques, et dialoguer avec d’autres métiers.
Sur le périmètre fonctionnel métier, Koha répondait globalement à nos besoins bien qu’il comporte des lacunes (voir plus loin). Mais nous n’avions pas les moyens de prévoir des développements spécifiques. Heureusement nous avons installé Koha au moment de la sortie de la version 3 qui traduisait des changements importants dans le logiciel.
Côté OPAC, il était convivial et ergonomique, de bonne tenue graphique, et innovant sur certaines fonctionnalités (étagères virtuelles, fils RSS, facettes, nuage de tags…) et services associés devenus indispensables avec l’évolution de l’internet et des services distants (prolongations, réservations, contributions…)”.

Bambou : “Comment s’est passée l’intégration (en termes technique, organisationnel…) ?”

Infothèque : “Après décision et choix de la société Tamil pour nous accompagner, le projet de migration vers Koha s’est déroulé sur 6 mois, avec une mise en production début septembre 2010.
La première étape a consisté à mettre en œuvre un prototype Koha avec la totalité de nos données : notices bibliographiques et exemplaires, autorités, lecteurs et prêts.
En interne, la plupart des membres de l’équipe avaient été impliqués en amont du projet lors d’une étude de besoins. On a ensuite constitué des groupes de travail sur les différents modules de Koha, catalogue, autorités, commandes, circulation/lecteurs, OPAC.
Paramétrage et itérations successives pour la conversion des données, ont progressivement dessiné un Koha fonctionnel et opérationnel qui a ensuite été déployé sur un serveur local avec le support informatique du Pôle.
Des formations au logiciel ont permis de se familiariser à Koha et adopter de nouvelles habitudes de travail.
Nous n’utilisons pas le module des acquisitions, qui paraissait encore assez buggé au moment du projet, et avons prévu de le tester à nouveau pour décider, ou non, de l’utiliser.
Pour l’heure, nous avons adapté les exemplaires pour gérer de façon simple les informations de commandes qui sont ensuite exportées et traitées dans une base access.”

Bambou : “Quelles sont vos premières impressions sur le fonctionnement du logiciel ?” Avez-vous des retours de vos utilisateurs ?”

Infothèque : “Sur le coeur, c’est à dire le catalogue et la circulation, Koha est satisfaisant.
Sur les modules de gestion, nous n’avons pas assez de recul pour nous prononcer, puisque nous les utilisons pas pour le moment (acquisitions, abonnements).
Koha est assez intuitif, l’équipe l’a pris en main relativement facilement. Mais bien sûr, c’est un logiciel moins sophistiqué que l’était Loris, l’interrogation du catalogue en mode professionnel reste insuffisante (index à créer).
Les exports sur Koha demande une bonne connaissance de la base de données et des compétences sql. Une majorité des collègues réclame une formation sql pour retrouver de l’autonomie dans l’export et le traitement des données !
Je dois dire aussi que, si le SIGB(L), Koha donc, est notre principal outil de travail, il n’est plus aussi central.  A côté de la bibliothèque physique, gérée en partie avec Koha, nous travaillons de plus en plus sur les contenus, comme producteurs d’informations – que nous traitons sur des portails web thématiques – comme veilleurs, comme formateurs,  et aussi accompagnateurs et animateurs de communautés. Sur le terrain de l’éducation et de l’enseignement, nous sommes des professionnels de l’information de plus en plus impliqués dans la pédagogie et la vie du campus avec qui nous faisons des passerelles (appui documentaire, diffusion d’informations via de multiples canaux : plate-forme de cours en ligne, réseaux sociaux, portails, newsletter….)
Du côté de notre public, les retours sont positifs, et les services proposés avec le compte lecteur sont très appréciés et de plus en plus utilisés. Fini les appels téléphoniques pour la prolongation des documents !
L’ option d’étagères virtuelles est très appréciée et proche de ce qu’on trouve sur les librairies en ligne. Par contre, les tags et commentaires des utilisateurs sont encore très peu utilisés.”

Bambou : “Quelles évolutions (fonctionnelles ou techniques) attendez-vous de Koha ?”

Infothèque : “Nous attendons des évolutions sur le système des pénalités suspensives en jour, mais je crois que c’est un développement en cours… ou déjà réalisé ?
Également, nous aimerions des améliorations sur les traitements par lots dans le catalogue et les exemplaires, ainsi que sur les formats d’export du panier.
La recherche par facettes pourrait aussi être améliorée si elle générait les facettes sur l’ensemble des résultats de recherche (pas seulement les résultats de la page).
Nous nous intéressons en ce moment au développement d’une application mobile, tous les développements d’internet sont là en ce moment, pas de raison qu’on y échappe !
Sur les modules de gestion, attention à ne pas faire de Koha une usine à gaz. A la façon de Pérec, « Je me souviens » de groupes de travail, de clubs d’utilisateurs, pour décortiquer, définir et proposer des améliorations fonctionnelles … Tout ça demande du temps, de l’énergie, des développements qui peuvent s’avérer importants et coûteux mais qui n’intéressent pas forcément l’ensemble de la communauté Koha, internationale. Il faut penser les évolutions du logiciel avec les évolutions du numérique et les évolutions du métier et plutôt qu’intégrer (le rêve ou le mythe d’un système qui fait TOUT), rendre interopérables, faire communiquer les systèmes entre eux (sigb / librairies en ligne-panier de commandes, agences d’abonnement, statistiques, ). Koha doit rester un système ouvert et facilement exploitable dans des bibliothèques qui ont peu de moyens humains, informatiques et financiers.”

Bambou : “Envisagez-vous de participer au développement fonctionnel du logiciel, de vous positionner comme un acteur-contributeur au sein de la communauté Koha ?

Infothèque : “Compte tenu d’un contexte budgétaire très difficile, nous avons adopté Koha tel qu’il était sans pouvoir contribuer à son développement.
Mais les choses peuvent changer et nous souhaiterions envisager des contributions en partenariat avec d’autres établissements.
Si on contribue peu, on est par ailleurs beaucoup sollicité, depuis la mise en place de Koha, par des bibliothèques ou écoles qui ont des projets de réinformatisation, et ont besoin de retours d’expérience, d’échanges.
C’est, de façon modeste, une forme de contribution à la vie et la communauté Koha.”

voir l’OPAC de l’Infothèque

l’Infothèque en chiffres

l’équipe de l’Infothèque

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4 Réponses

  1. […] Koha : l’Infothèque répond à Bambou « Bambou. […]

  2. […] voir les autres entretiens avec les utilisateurs de Koha : Infothèque, Nîmes, […]

  3. […] This post was mentioned on Twitter by lioneldujol and livre arbitre, opensource infodoc. opensource infodoc said: RT @lioneldujol: [veille] Koha : l’Infothèque répond à Bambou http://dlvr.it/HM8kt […]

  4. Pour ce qui est d’une application pour mobiles, c’est en cours du coté de la nouvelle zélande, chez nos collègues de Catalyst, pour Androïd:
    http://fr.androlib.com/android.application.nz-net-catalyst-kiritakikoha-znABB.aspx

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