La véracité de l’information : quel enjeu pour les bibliothèques ?

Un évènement professionnel à ne pas manquer, que cette journée d’étude organisée le jeudi 28 novembre prochain à l’Université Lyon 1 par Médiat’Rhône-Alpes et consacrée au développement de l’esprit critique face à la diffusion de l’information sur Internet. Enseignants-chercheurs, journaliste et bibliothécaires présenteront ainsi tour à tour leurs travaux et actions menés dans ce domaine, en engageant le débat inter-disciplinaire et les échanges avec la salle.

Ceci n’est pas une fake news, venez nombreux !

Le programme de la journée :

En matinée

  • 9H30 : Introduction d’Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la documentation à l’Université de Caen Basse-Normandie, éditeur chez C&F éditions
  • 10H00-10H30 : Grégoire Borst, Professeur de Psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation à l’Université Paris Descartes « Le cerveau en développement face aux Fake news »
  • 10H30-11H : Julien Giry, Docteur en sciences politiques et chercheur associé à l’université Rennes 1 « Quelles réponses aux théories du complot et au conspirationnisme »
  • 11H-11H45 : Gérald Bronner, Professeur de sociologie à l’université Paris Diderot « Une révolution pédagogique contre la démocratie des crédules »
  • 11H45-12H30 : Table-ronde (+ questions de la salle) avec les 3 intervenants, animée par Hervé Le Crosnier

Après-midi

  • 14H00-14H45 : Pierre Haski, journaliste-chroniqueur à France Inter, Président de l’association Reporters Sans Frontières « Fake news, désinformation, liberté d’informer : le nouveau défi. »
  • 14H45-15H30 : Rose-Marie Farinella, Professeur des écoles à l’école de Taninges « Ateliers de détection d’intox à l’école primaire »
  • 15H30-16H15 : Anne Cécile Hivernât, Bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Lyon « Les ateliers EMI à la BML »
  • 16H15-16H30 : Échanges avec la salle
  • 16H30-17H : Conclusion de la journée

Publics : Personnel des bibliothèques des collectivités territoriales & Personnel des bibliothèques de l’enseignement supérieur

Date limite d’inscription : Vendredi 15 novembre 2019

Coût : gratuit

Lieu : Université Lyon 1 Bibliothèque Universitaire Sciences – Auditorium (RDC) 20, Avenue Gaston Berger 69100 VILLEURBANNE 

Calenge par Bertrand

http://www.enssib.fr/presses/catalogue/calenge-par-bertrand-parcours-de-lecture-dans-le-carnet-dun-bibliothecaire#presentationCe mardi 17 juillet est un grand jour pour celles et ceux qui ont connu Bertrand Calenge, qui ont été nourris par ses formations, ses travaux, ses communications, sa pensée professionnelle.  Car ce jour signe tout à la fois le 10ème anniversaire de l’ouverture de son blog « Carnet de notes » et la parution du nouvel opus de la collection La Numérique* : Calenge par Bertrand, parcours de lecture dans le Carnet d’un bibliothécaire. Du blog au book.

Dans cet ouvrage à la forme inédite, un collectif de bibliothécaires fait revivre le grand professionnel, leur collègue, en proposant un parcours de lecture à travers son blog Carnet de notes, à l’équilibre du « journal intime para-professionnel et de la fusion communautaire », comme le qualifiait Bertrand Calenge lui-même. Mêlant expertise scientifique et subjectivité du regard, ces parcours de lecture thématiques et transversaux recontextualisent les billets selon les principaux sujets traités par l’auteur – collections, médiation, évaluation, métier, numérique, etc. – autant dire toutes les questions vives des bibliothèques.

Les textes d’introduction aux parcours thématiques du blog, ainsi qu’une sélection d’une trentaine de billets originaux et près de … 200 commentaires sont reproduits dans cet ouvrage.  Cet ensemble témoigne de la vitalité du dialogue voulu et entretenu par Bertrand Calenge,  toujours attentif aux remarques et aux objections de ses contributeurs, eux-mêmes stimulés par ses propositions.
Quatre d’entre eux,  commentateurs réguliers, expriment ici, à voix haute, ce qu’a représenté leur participation à Carnet de notes : ces pastilles audio restituent l’épaisseur d’une sociabilité professionnelle longtemps nourrie à travers la liste de diffusion Biblio-fr. De cette « chaîne unique » aux multi-canaux des blogs et comptes professionnels sur les réseaux sociaux d’aujourd’hui, c’est toute une traversée dans les bibliothèques que souhaite également offrir cet ouvrage.

Entre mise en perspective et hommage, Calenge par Bertrand expérimente une mise en book du blog d’un professionnel et d’un homme qui s’intéressait « aux gens » et « à leur besoin de savoir », pour nous inviter, comme l’écrit Martine Poulain dans sa préface, « à penser, échanger, proposer ».

Conçu par Muriel Amar et coordonné par Jérôme Pouchol, l’ouvrage rassemble les contributions de Renaud Aïoutz, Alain Caraco, Aline Goussard, Dominique Lahary, Joëlle Muller et Véronique Mesguich, ainsi que les participations de Xavier Galaup, Silvère Mercier, Bernard Majour et Jean-Michel Salaün.

En voici le sommaire :

Préface. Bertrand, l’homme au travail, par Martine Poulain
Introduction, par Jérôme Pouchol
Chapitre 1. De l’offre documentaire à l’action bibliothécaire

Parcours 1. La collection en questions, proposé par Jérôme Pouchol

  • La collection, ce service
  • À partir d’une idée comme ça…
  • La collection en tensions
  • Entre Onfray et Dumont
  • Sélection thématique extraite de Carnet de notes

Parcours 2. Bertrand Calenge, l’homme-bibliothéconomie ?, proposé par Renaud Aïoutz

  • Texte et contexte : un fil d’Ariane dans le labyrinthe du blog ?
  • Mais alors comment légitimer la bibliothèque (si ce n’est plus à l’aune de la valeur documentaire) ?
  • Un blog pleinement dans son temps
  • La bibliothèque universelle, très peu pour lui
  • Sélection thématique extraite de Carnet de notes

Chapitre 2. Le service, le lieu, le flux… et le comptage

Parcours 3. Comment dire le faire ? Ou l’évaluation face à l’action, proposé par Alain Caraco
Ma rencontre avec Bertrand Calenge et avec l’évaluation en bibliothèque

  • De la technique au sens
  • Quand la réalité ne rentre plus dans les cases
  • La conscience des limites de l’évaluation
  • Sélection thématique extraite de Carnet de notes

Parcours 4. Comptages et services, proposé par Joëlle Muller

  • Sélection thématique extraite de Carnets de notes
  • La sidération du troisième lieu

Chapitre 3. Solubilités du bibliothécaire

Parcours 5. Métier, métiers, proposé par Dominique Lahary

  • Les deux crises
  • Les totems professionnels
  • Le bibliothécaire et les autres
  • Les métiers de la bibliothèque
  • Un métier documentaire
  • Bibliothèque et bibliothécaires
  • Métier, statut et profils de poste
  • La question de la médiation

Parcours 6. Zoom sur la thématique de l’accompagnement, proposé par Joëlle Muller

  • Sélection thématique extraite de Carnet de notes
  • 1- La solubilité du bibliothécaire
  • 2- Polyvalence du bibliothécaire : encore une ambiguïté ?
  • 3- Statut, métier, et profil de poste
  • 4- Transmettre…
  • 5- La médiation : concept-clé ou mot-valise ?
  • 6- À propos de l’autonomie de l’usager

Parcours 7. Stratégies et perplexités face au numérique, proposé par Véronique Mesguich

  • Problématiques « métier »
  • Numérisation des collections : inventivité créatrice et inquiétude
  • Le Web social : une utopie mobilisatrice ?
  • Sélection thématique extraite de Carnet de notes

Chapitre 4. Carnet de notes en contextes

Parcours 8. De Biblio-fr à l’info-blogosphère : chaîne unique et multi-canaux, proposé par Dominique Lahary

Parcours 9. Figures de contributeurs : murmures des commentaires dans Carnet de notes

  1. Témoignage de Xavier Galaup, entretien mené par Jérôme Pouchol
  2. Témoignage de Bernard Majour, entretien mené par Dominique Lahary
  3. Témoignage de Silvère Mercier, entretien mené par Muriel Amar
  4. Témoignage de Jean-Michel Salaün, entretien mené par Alain Caraco

Parcours 10. Bertrand Calenge, auteur édité. Parcours bibliographique, proposé par Aline Goussard

Parcours 11. Corpus des billets

  • Aperçu synthétique de Carnet de notes
  • 7 années de production et de diffusion de billets
  • Catégorisation thématique des billets
  • Commentaires des billets
  • Contributeurs à Carnet de notes
  • Corpus des billets

Épilogue. « Mon 149e et dernier billet »

*Cette collection est dirigée par Muriel Amar. Son accès numérique est libre et gratuit, présenté sous formats pdf et epub.

 

Bertrand Calenge répond à Bambou

Il est des rencontres qui marquent et nourrissent une vie professionnelle, et celle de Bertrand Calenge en fait pour moi partie, comme pour beaucoup d’entre nous sans doutAVT_Bertrand-Calenge_9330e, qui avons pu lire, entendre, suivre, analyser, commenter… ses nombreux écrits et le long cours de sa réflexion professionnelle ; et encore aujourd’hui, alors qu’il prend très bientôt sa retraite, son tout dernier ouvrage¹ nous accompagne, continue d’interroger le présent et le sens de notre métier.

Au-delà de l’honneur que constitue pour moi la publication de cet échange sur Bambou, c’est aussi le plaisir de contribuer à la diffusion d’une pensée particulièrement féconde et exigeante, comme toujours bienveillante. Celle de Bertrand Calenge.

Qu’il en soit ici très vivement remercié.

« Bertrand Calenge, vous prenez votre retraite après un parcours professionnel particulièrement foisonnant. Quelles sont les expériences qui ont le plus compté dans votre carrière ? Êtes-vous heureux d’avoir choisi ce métier ? »

En plus de 40 années passées comme conservateur de bibliothèque, j’avoue avoir bénéficié d’une chance exceptionnelle : aux années maigres (les « seventies » giscardiennes) a vite succédé l’imagination libérée des années Lang, puis l’aventure de la décentralisation territoriale, puis le revival des bibliothèques universitaires. En même temps, la technicité du métier a migré du catalogue sur fiches aux outils numériques les plus sophistiqués. Et les bibliothèques sont réellement entrées sur la scène publique durant ces 40 ans, immense bénéfice d’image, mais aussi immense défi ! Autant dire que cette histoire n’a pas permis une seule seconde de pouvoir verser dans la routine !
Chaque poste que j’ai occupé a été une expérience unique. Mais évidemment je reste plus marqué par ce qui m’a sollicité le plus d’innovation et d’imagination. Trois expériences ont été majeures de mon point de vue :
– Servir, organiser et structurer un territoire, au plus intime de son mode de fonctionnement : mes années dans plusieurs bibliothèques départementales ont été magnifiques de ce point de vue, avec une tendresse particulière pour ce qui était alors la BCP de Saône-et-Loire, que j’ai eu la chance de créer, puis organiser pendant près de 10 ans.
– L’opportunité d’imaginer et créer l’Institut de formation des bibliothécaires, aventure qui a duré 6 ans avant la fusion de l’IFB dans l’Enssib, fut également passionnante, non seulement car elle accompagnait de profondes modifications des statuts des personnels, mais surtout parce qu’elle m’a obligé, avec mon équipe, à remettre à plat les compétences et savoir-faire nécessaires aux professionnels à la toute fin du XXe siècle.
– Avoir la possibilité d’innover pendant 10 ans dans ce très grand et très foisonnant établissement qu’est la BM de Lyon fut enfin une chance inouïe. J’ai pu à la fois approfondir les modalités d’évaluation d’un tel réseau, élaborer des outils de facilitation de la gestion professionnelle, et être étroitement associé voire conducteur de projets innovants qui ont contribué à faire rayonner cette bibliothèque riche autant de son patrimoine que de son activité quotidienne au service des Lyonnais et de sa capacité à l’imagination.

Fourviere et le bouquiniste
Fourvière et le bouquiniste

La curiosité est un beau défaut
La curiosité est un beau défaut

L'heure du journal
L’heure du journal

« Durant ce parcours, le métier de bibliothécaire a connu de profondes transformations. Quelles sont celles que vous retenez ? Faisons-nous toujours le même métier aujourd’hui qu’il y a 40 ans ? »

Avec du recul, je me rends compte qu’au fond mon activité s’est toujours orientée vers l’assistance et la formation aux bibliothécaires, et paradoxalement moins directement vers les publics. Cela est patent pour les trois expériences que j’ai citées, mais je pourrais en dire autant de deux autres, la rédaction en chef du BBF ou pour finir la direction des études de l’Enssib. C’est sans doute pour cette raison aussi que depuis le début de ma carrière je ne peux m‘empêcher de publier articles et livres à l’attention de mes collègues…
Les formes de ce métier ont énormément évolué, et pas seulement pour des raisons technologiques. Il me semble que les bibliothécaires ont plongé dans la ville comme toutes les tensions et passions urbaines se sont immergées dans la bibliothèque. Il en est ressorti quelques évolutions majeures : la nécessité de savoir communiquer, le souci prioritaire d’inscrire l’action professionnelle dans des politiques publiques, et une exigence de service au plus près des publics.
Ce qui me frappe le plus, c’est le double mouvement professionnel qui s’est fait jour :
– Les bibliothécaires ont appris à organiser rationnellement et à maitriser ce qui avant n’était que fruit d’une tradition des pratiques professionnelles, en termes d’évaluations, de processus, etc.
– Paradoxalement, plus les technologies numériques virtualisent en quelque sorte la bibliothèque et l’information, plus la société est en demande de médiation humaine professionnelle. Le bibliothécaire d’aujourd’hui doit être aussi bien versé dans le numérique qu’immergé dans la médiation, sans pour autant négliger cette autre exigence inchangée : qu’il soit curieux et cultivé…

sourire en terrasse
Sourire en terrasse

les deux vieux
Les deux vieux

Deux visages deux regards
Deux visages deux regards

« Vous avez initié les politiques documentaires en France et fortement contribué à leur développement, tant par vos publications que par les groupes et rencontres professionnels que vous avez initiés et animés. En 2015, soit plus de 20 ans après la parution de votre 1er ouvrage, les demandes de formation en Poldoc sont croissantes et ne se limitent plus désormais à la question des acquisitions et du désherbage. Comment expliquez-vous une si longue « gestation » ? »

Cette question rejoint pour moi la précédente : il a fallu mener de front un processus de réflexion structuré sur les modalités de l’action publique à travers les collections, et opérer un renversement de regard qui considère comme centrales non plus les collections elles-mêmes, mais les multiplicités de besoins et d’usages des publics. Double évolution / révolution qui ne pouvait en aucune façon s’opérer instantanément ! De plus, le bibliothécaire est naturellement un être pragmatique : il essaye, regarde l’expérience d’un autre, tente à son tour, modifie tel ou tel point, etc. Si le processus est long dans ces conditions, il présente l’avantage de conduire à des convictions et méthodes fermement maitrisées.
Les 20 années en question ont été aussi une randonnée découverte. Partir des acquisitions était une évidence, arriver jusqu’à la question de la médiation documentaire supposait un long voyage, que la MIOP est une des rares à avoir parcouru jusqu’au bout ! Or ce voyage n’est jamais accompli par tel ou tel penseur seul. En matière professionnelle, c’est un chemin à parcourir en équipes, avec les enthousiasmes stimulants, mais aussi avec les inévitables réticences ou lenteurs !

les bas de demi-saison
Les bas de demi-saison

élégance
Élégance

vision fugitive
Vision fugitive

« Les technologies du numérique se sont emparées des bibliothèques, tant en termes de sélection que de médiation des contenus. Cette réalité d’hybridation des collections rend l’exercice du métier plus complexe et n’est pas, en plus des autres transformations à l’œuvre (nouveaux supports et usages de lecture, transition bibliographique, mises en réseau d’établissements, etc), sans susciter des peurs, des résistances… Quel regard portez-vous sur cette évolution/révolution ? »

Je ne suis pas sûr que le terme de « peurs » convienne vraiment ici. Il m’apparait clair que les professionnels connaissent aujourd’hui leur accointance nécessaire – voire leur dépendance – aux technologies du numérique et l’acceptent. Au fond, je parlerais plutôt de vertige grandissant : la première et facile accoutumance aux outils professionnels (j’ai réalisé ma première base de données de thésaurus sur le minuscule écran vert d’un petit IBM en 1983 !) s’est faite aisément, la mutation des documents sous une forme numérique a pris plus de temps (encore que ce soit maintenant largement acquis en musique notamment), le fait que grâce au numérique toute information devienne document potentiel donne déjà le tournis (comment se retrouver dans l’abondance des big data, à défaut même de la maitriser ?), enfin l’immersion même des publics dans ces technologies introduit un nouveau défi, celui du partage, de la prise de parole. Ajoutons à cela que cette évolution se développe dans un contexte juridique et économique extrêmement tâtonnant voire sauvage, pour comprendre le vertige que j’évoquais. Et nous n’en sommes sans doute qu’au début !
Ceci dit, je me méfie de la sidération technologique, et je conserve à l’esprit que le bibliothécaire est d’abord un metteur en ordre et en sens, un gardeur de traces, et un médiateur actif. Il doit l’être avec ou sans les technologies numériques. Mais il est clair qu’il ne peut plus l’être aujourd’hui sans ces dernières, et qu’elles offrent voire suscitent des possibilités extraordinaires !

acrobate : l'instant 1
Acrobate : l’instant 1

Verticales...
Verticales

quand j'étais danseur
Quand j’étais danseur

« On vous sait passionné de photographie, un domaine également très investi par le numérique. Peut-on faire là un parallèle avec l’évolution du livre ? »

Les contenus textuels du livre et les contenus iconiques de la photographie sont également traduisibles en bytes numériques, c’est ce qui les rend très proches. D’ailleurs, les bibliothèques sont nombreuses à acquérir, conserver et valoriser des fonds de photographies : la BM de Lyon – encore elle ! – dispose de près de 700 000 photographies dans ses collections, dont des milliers de chefs-d’œuvre, raretés inestimables qu’elle met en scène régulièrement. Néanmoins, je pense que le numérique a beaucoup plus bouleversé la photographie que le livre, d’abord parce que les formats de fichiers photo permettent d’obtenir et de conserver une énorme « épaisseur » d’information (la moindre image au format RAW de votre appareil photo pèse ainsi facilement plus de 40 MO : « une image vaut mille mots » dit un proverbe chinois !), ensuite parce que les technologies ont permis une immense appropriation sociale de la photographie, qui désormais a envahi la vie quotidienne, et s’échange quotidiennement sur les réseaux sociaux (le moindre téléphone portable est désormais doté d’un excellent appareil photo !) : ça, c’est véritablement innovant² ! D’ailleurs, la BM de Lyon, pour constituer ses collections photographiques régionales contemporaines, a recours aux dons numériques de nombreux contributeurs, qui en moins de 8 ans ont apporté plus de 10 000 clichés ! Je suis d’ailleurs fier de participer aujourd’hui personnellement à cette entreprise³.
Mon intérêt pour la photographie est ancien, effectivement, et je considère ce mode d’expression aussi puissant que le livre, tant par ses qualités documentaires que par ses possibilités narratives et esthétiques ! Cet intérêt se mêle en outre pour moi à la pratique photographique, activité à laquelle je peux me livrer de plus en plus, avec bonheur : c’est ma façon de raconter des histoires, moi qui n’ai guère de talent littéraire. Et j’apprécie particulièrement la photo de rue, qui me fait rencontrer mes contemporains avec une surprise toujours renouvelée et une émotion intacte. Au fond, ce sont ces personnes-là qu’en tant que bibliothécaire j’ai voulu servir pendant plus de 40 ans, et que je retrouve encore dans leur vie de tous les jours…. C’est une forme de respect et de continuité.

black stairs
Black stairs

Bienveillance barbue
Bienveillance barbue

Chaleur lyonnaise
Chaleur lyonnaise

¹La bibliothèque et la médiation des connaissances / Bertrand Calenge. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, février 2015

²Ecoutez ce très intéressant podcast assez court (30’) de France Culture : « La mise en flux des images. Ce que le numérique fait à la photographie ».

³la collection Photographes en Rhône-Alpes

Les fantômes du funiculaire
Les fantômes du funiculaire

Reflet matinal
Reflet matinal

autophoto
Auto-photo

→ Voir la page Wikipédia consacrée à Bertrand Calenge

→ Voir le blog (« Carnet de notes ») de Bertrand Calenge

→ Voir les publications de Bertrand Calenge au Cercle de la Librairie

→ Voir le site Poldoc, conçu et animé par Bertrand Calenge

→ Voir toutes les photos de Bertrand Calenge sur Flickr

La culture est-elle soluble dans l’ebook ? / Pierre Mounier

Après la communication de Dominique Cardon sur “les sociabilités numériques” puis celle de Thierry Baccino sur “la lecture numérique”, je ne saurais trop vous recommander d’écouter l’intervention de Pierre Mounier*, que nous avons eu le plaisir d’accueillir, le 29 novembre dernier, à la Médiathèque de Miramas. Cette communication a pour titre “La culture est-elle soluble dans l’e-book? Les enjeux de la métamorphose du livre à l’ère numérique”.

En voici le contenu synthétique :

“Presque 600 ans après l’invention de l’imprimerie, le livre connaît une nouvelle révolution technologique en se dématérialisant au sein des réseaux numériques. La montée en puissance des “liseuses” et “tablettes multimédia” annonce un tournant majeur dans l’histoire du livre. L’horizon est aujourd’hui un peu obscurci par, d’un côté les slogans marketing qui mettent en avant les avantages pratiques des nouvelles machines, et de l’autre les crispations luddites autour de la “sensualité du livre” et de l’“odeur du papier”. Pourtant, cette métamorphose du livre numérique porte d’autres enjeux, éminemment politiques. Car si le livre est un produit marchand, fruit d’une industrie spécialisée, il est aussi, et peut-être d’abord un vecteur privilégié de partage des savoirs et de l’expression artistique ; en un mot de la culture. Cette tension de l’économie et de la culture, cristallisée sous le terme problématique d’“industrie culturelle” est réactivée à l’occasion du passage du livre au numérique. Et c’est bien à la lumière de cette question qu’il faut décrypter tous les débats autour du prix du livre et de son mode de distribution, du “piratage” (ou partage ?) des œuvres, du rôle des acteurs traditionnels (éditeurs, libraires, bibliothèques) mais aussi nouveaux (moteurs de recherche, médias sociaux) de la chaîne du livre, de l’évolution des usages de lecture, et jusqu’aux formats d’encodage des ouvrages.”

…et la restitution audio-visuelle intégrale sur Bambou, avant diffusion sur l’espace professionnel du portail de la MIOP :

*Pierre Mounier est ingénieur d’études à l’EHESS où il anime un séminaire consacré aux humanités numériques avec Marin Dacos. Il est également directeur adjoint du Centre pour l’édition électronique ouverte CLEO/Revues.org.

Il est co-animateur de Blogo-Numericus (le blog du site Homo Numericus, dont il est le fondateur) .

→ Pour aller plus loin (ou à côté), voir aussi :

Tour de France des ateliers web en bibliothèque

Ateliers webOn ne compte plus aujourd’hui les bibliothèques qui proposent à leurs usagers des prestations de formation à Internet, réalisées principalement sous la forme d’ateliers et destinées à tous types d’usages et de publics.je cuisine sur le web

On peut se féliciter de ce constat, de la variété et de la vitalité des propositions, comme de la diversité des établissements concernés (bibliothèques municipales, réseaux intercommunaux, BDP, BMVR…).

Alors pour en rendre compte (et vous éviter dans un même temps de “refaire le monde”…), Bambou a dressé un panorama, qui se veut le plus large possible mais non exhaustif, de ce qui se pratique aujourd’hui en bibliothèque en matière d’ateliers internet, exception faite des formations à l’outil informatique (maîtrise de l’ordinateur, Windows…) ou à la bureautique.

ATELIERS

Bibliothèques-Médiathèques

Découvrir internet MIOP, Martigues, Lyon, Vitry-sur-Seine, Nice, Chambéry, Plaine centrale, Perpignan, Marne et Chantereine, Yerres, Nogent-sur-Marne, Vénissieux, Antibes, Valence, Romans-sur-Isère, Rueil-Malmaison, Montreuil, Haguenau, Aurillac, Bourges, Sophia-Antipolis, Gardanne, Villetaneuse, Pau-Pyrénées, Montpellier, Saint-Nazaire, Saint-Étienne, Orléans, Mérignac, Artigues, Val d’Europe, Douarnenez, Marguerite Yourcenar (Paris), Limoges, Longjumeau
Faire ses recherches sur Internet BDP13, BPI, Lyon, MIOP, Toulouse, Wattrelos, Bobigny, Pau-Pyrénées, Vichy, Marne et Chantereine, Vénissieux, Orléans, Antibes, Valence, Chartres, Romans-sur-Isère, Palais-sur-Vienne, Montreuil, Villepinte, Bourges, Sophia-Antipolis, Gardanne, Montpellier, Saint-Nazaire, Orléans, Mérignac, Sélestat, Marguerite Yourcenar (Paris), Roubaix
Google Ferte-Mace, Melun, MIOP, Plaine centrale
Google maps Mérignac
Google earth Mérignac
Google drive Mérignac
Web 2 Toulouse
Web pratique Vénissieux, Lyon, Valence, Chartres
Wikipédia BDP13, Toulouse, Rueil-Malmaison
Créer une adresse électronique BDP13, BPI, Lyon, Toulouse, Vitry-sur-Seine, Nice, Vichy, Vénissieux, Valence, Arles, Palais-sur-Vienne, Haguenau, Perpignan, Gardanne, Montpellier, Saint-Nazaire, Saint-Étienne, Mérignac, Artigues, Marguerite Yourcenar (Paris), Le Chesnay, Limoges, Roubaix
Envoyer une carte de vœux électronique BDP13
Créer un blog BPI, Melun, Lyon, Toulouse, Brest, Vénissieux, Chartres, Romans-sur-Isère, Lorient, Saint-Nazaire, Limoges, Roubaix
Créer un compte Facebook BPI, Ferte-Mace, Melun, Lyon, Toulouse, Chambéry, Plaine centrale, Arles, Romans-sur-Isère, Bègles, Aurillac, Lorient, Saint-Nazaire, Mérignac, Le Chesnay, Genève
Utiliser Twitter BPI, Ferte-Mace, Melun, Lyon, Toulouse, Bègles, Lorient, Saint-Nazaire, Mérignac, Le Chesnay
Utiliser Skype BPI, Chambéry
Mon téléphone et Internet Toulouse
Manipuler les vidéos en ligne et/ou montage vidéo BPI, Romans-sur-Isère, Lorient, Saint-Étienne, Mérignac, Val d’Europe, Le Chesnay, Longjumeau
Écouter et télécharger de la musique sur le web Chambéry, Romans-sur-Isère, Lorient, Montpellier, Mérignac
Manipuler du son BPI
Web radio Vaise, Mauguio-Carnon, Aurillac
Internet créatif Lyon, Lyon, Rueil-Malmaison, Val d’Europe
Découvrir le cinéma numérique Lyon, Sophia-Antipolis
Découvrir la photo numérique Romans-sur-Isère, Lyon, Rueil-Malmaison, Palais-sur-Vienne, Bègles, Lorient, Perpignan, Saint-Étienne, Orléans, Mérignac, Sélestat, Val d’Europe, Le Chesnay, Limoges, Longjumeau, Roubaix
BD numérique Val d’Europe, Colomiers
Découvrir la presse en ligne Lyon, Toulouse
Vendre, acheter, troquer sur le web MIOP, Lyon, Brest, Chartres, Bègles, Mérignac
Créer un bureau de veille personnalisé MIOP, Infothèque, Romans-sur-Isère
Recherche/veille d’emploi/CV BDP13, Lyon, Cergy-Pontoise, Infothèque, Vénissieux, Le Chesnay, Roubaix
E-administration Perpignan, Arles, Romans-sur-Isère, Limoges
Le web en cuisine MIOP, Plaine centrale, Grand-Troyes
Préparer son voyage sur le web MIOP, Chartres, , Romans-sur-Isère
Je fais de la généalogie Romans-sur-Isère, Roubaix
Je joue sur Internet Romans-sur-Isère, Rueil-Malmaison, Bourges, Montpellier, Saint-Étienne, Thau, Le Chesnay, Colomiers
J’organise une fête Romans-sur-Isère
Je co-voiture Romans-sur-Isère
Utiliser une liseuse et/ou tablette Toulouse, Romans-sur-Isère, Aurillac, Lorient, Bourges, Sophia-Antipolis, Saint-Nazaire, Villeubanne, Mérignac, Val d’Europe

En complément :

 les ateliers web de la MIOP

 Un exemple de dispositif pédagogique mis en place à la MIOP avec l’atelier « Découvrir Internet »

Pour aller plus loin :

  • Un stage ad hoc, organisé par Médiat’ Rhône-Alpes (site de Lyon) : « Mettre en place un atelier web en bibliothèque de lecture publique »
  • Un mémoire ENSSIB  : « Les ateliers multimédia à la médiathèque Marguerite Yourcenar (Ville de Paris) : perspectives d’évolutions / Fabienne Le Hein ».

Pour saluer une initiative originale :

les chartes documentaires de la MIOP

La publication* des chartes documentaires sur le portail de la MIOP est un projet de longue date, qui aura notamment attendu un déploiement efficient de notre service de suggestion d’achats** sur l’ensemble du réseau. C’est aussi le développement d’une nouvelle interface, tout récemment mise en service pour la publication de nos Tops5 annuels, qui nous conduit aujourd’hui à éditer ces écrits, des écrits dont je me propose de rappeler ici le cadre et les objectifs.

1er chapitre de la fiche domaine, la charte documentaire est un document synthétique, à valeur principalement descriptive et réflexive, et qui fixe (sans pour autant figer) les principales lignes de force de développement d’une collection***, sous ses différents aspects et enjeux : éditoriaux, budgétaires, documentaires, socio-cognitifs, mémoriels, etc.

A la fois plus restrictive (par le champ disciplinaire représenté) et plus détaillée qu’une charte générale des collections, la charte documentaire explicite formellement le domaine couvert par la collection (Quels contenus ? Quels segments ? Quels médias ? Quels champs émergents ? Quels sujets connexes ?) en lui assignant des finalités d’usages et de publics (Pour quels types et niveaux de besoins ? Pour quelles catégories d’âge ? Selon quels contextes ou environnements spécifiques ?) et en désignant, le cas échéant, les exclusions, soit les types de documents ou collections éditoriales a priori non retenus.

Document de nature contractuelle, la charte documentaire peut, à ce titre, être transmise à la tutelle, aux partenaires extérieurs (expert-conseil, partenaires sociaux, culturels, éducatifs…) ainsi qu’aux usagers de la médiathèque, notamment dans le cadre d’une communication associée au service de suggestions d’achat. Tout en garantissant un continuum dans le développement documentaire des collections de l’établissement, elle facilite également les conditions de transfert de responsabilités de domaine entre les différents acteurs d’un même pôle ou département et ce, quels que soient les supports ou médias privilégiés.

En bref, la charte documentaire est un outil d’aide à la décision et de mise en forme du sens, attestant à la fois de la dimension intellectuelle du projet et de ses composantes techniques et logistiques. Elle développera par conséquent des aptitudes à une mise en perspective des choix, elle favorisera une compréhension globale et dynamique du projet documentaire.

*les chartes documentaires des collections « jeunesse », ainsi qu’une partie de celles des départements « Art, Musique, Cinéma » et « Science, Sport, Vie pratique » sont en cours de finalisation.

**En cas de réponse négative adressée  à l’usager (communication gérée, dans Koha, par une procédure de workflow), celui-ci sera désormais invité à consulter la charte correspondante sur le portail de la MIOP. Il pourra en outre entrer en contact avec le responsable du domaine concerné, en activant l’icone de messagerie situé en pied de page de la charte.

***On entend par collection un ensemble cohérent et composite de documents et de ressources (physiques et numériques), établi en fonction de principes et/ou critères à la fois universels (au sens encyclopédique du terme) et contextuels (appliqués à un environnement donné, à des besoins et usages idoines). La collection doit être appréhendée comme un organisme vivant, qui vit selon un processus de renouvellement (et non d’accroissement) continu, toujours inachevé et qui est nécessairement associé à des services (d’information, de documentation, d’étude, d’auto-formation, de recommandation, de médiation culturelle…). Le concept de collection, ainsi revisité, ne saurait être opposé à la notion de service.

Prises de conscience

En cette fin d’année, Bambou a sélectionné pour vous 3 conférences TED, 3 communications qui portent sur des sujets très différents (la filtration du web, nos aspirations existentielles, notre rapport aux NTIC) mais qui convoquent un même mouvement, celui de la prise de conscience ; et son corollaire, le libre choix.

Alors que les compagnies du Net s’efforcent d’ajuster leurs services à nos goûts personnels (y compris l’actualité et les résultats de recherche), une dangereuse conséquence, involontaire, émerge : nous nous retrouvons piégés dans une « bulle de filtres » qui ne nous permet plus d’être exposés à ce formidable gisement d’informations et de connaissances susceptible de remettre en question ou d’élargir notre perception du monde. Eli Pariser argumente avec force que cette évolution du Net s’avèrerait, au final, préjudiciable à l’internaute et à la démocratie.

Dans son quartier de la Nouvelle Orléans, Candy Chang, artiste et TED Fellow a transformé une maison abandonnée en un tableau noir géant, en demandant de compléter une question : « Avant de mourir, je veux ___. » Les réponses de ses voisins, surprenantes, poignantes, drôles, sont devenues un miroir inattendu de la communauté.

Alors que nous attendons plus de la technologie, attendons-nous moins les uns des autres ? Sherry Turkle étudie comment nos appareils et nos personnalités online redéfinissent nos interactions et notre façon de communiquer ; et nous enjoint à nous interroger avec sérieux sur les nouvelles manières d’interagir qui s’offrent ainsi à chacun d’entre nous.