Bertrand Calenge répond à Bambou

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Il est des rencontres qui marquent et nourrissent une vie professionnelle, et celle de Bertrand Calenge en fait pour moi partie, comme pour beaucoup d’entre nous sans doute, qui avons pu lire, entendre, suivre, analyser, commenter… ses nombreux écrits et le long cours de sa réflexion professionnelle ; et encore aujourd’hui, alors qu’il prend très bientôt sa retraite, son tout dernier ouvrage¹ nous accompagne, continue d’interroger le présent et le sens de notre métier.

Au-delà de l’honneur que constitue pour moi la publication de cet échange sur Bambou, c’est aussi le plaisir de contribuer à la diffusion d’une pensée particulièrement féconde et exigeante, comme toujours bienveillante. Celle de Bertrand Calenge.

Qu’il en soit ici très vivement remercié.

« Bertrand Calenge, vous prenez votre retraite après un parcours professionnel particulièrement foisonnant. Quelles sont les expériences qui ont le plus compté dans votre carrière ? Êtes-vous heureux d’avoir choisi ce métier ? »

En plus de 40 années passées comme conservateur de bibliothèque, j’avoue avoir bénéficié d’une chance exceptionnelle : aux années maigres (les « seventies » giscardiennes) a vite succédé l’imagination libérée des années Lang, puis l’aventure de la décentralisation territoriale, puis le revival des bibliothèques universitaires. En même temps, la technicité du métier a migré du catalogue sur fiches aux outils numériques les plus sophistiqués. Et les bibliothèques sont réellement entrées sur la scène publique durant ces 40 ans, immense bénéfice d’image, mais aussi immense défi ! Autant dire que cette histoire n’a pas permis une seule seconde de pouvoir verser dans la routine !
Chaque poste que j’ai occupé a été une expérience unique. Mais évidemment je reste plus marqué par ce qui m’a sollicité le plus d’innovation et d’imagination. Trois expériences ont été majeures de mon point de vue :
– Servir, organiser et structurer un territoire, au plus intime de son mode de fonctionnement : mes années dans plusieurs bibliothèques départementales ont été magnifiques de ce point de vue, avec une tendresse particulière pour ce qui était alors la BCP de Saône-et-Loire, que j’ai eu la chance de créer, puis organiser pendant près de 10 ans.
– L’opportunité d’imaginer et créer l’Institut de formation des bibliothécaires, aventure qui a duré 6 ans avant la fusion de l’IFB dans l’Enssib, fut également passionnante, non seulement car elle accompagnait de profondes modifications des statuts des personnels, mais surtout parce qu’elle m’a obligé, avec mon équipe, à remettre à plat les compétences et savoir-faire nécessaires aux professionnels à la toute fin du XXe siècle.
– Avoir la possibilité d’innover pendant 10 ans dans ce très grand et très foisonnant établissement qu’est la BM de Lyon fut enfin une chance inouïe. J’ai pu à la fois approfondir les modalités d’évaluation d’un tel réseau, élaborer des outils de facilitation de la gestion professionnelle, et être étroitement associé voire conducteur de projets innovants qui ont contribué à faire rayonner cette bibliothèque riche autant de son patrimoine que de son activité quotidienne au service des Lyonnais et de sa capacité à l’imagination.

Fourviere et le bouquiniste
Fourvière et le bouquiniste

La curiosité est un beau défaut
La curiosité est un beau défaut

L'heure du journal
L’heure du journal

« Durant ce parcours, le métier de bibliothécaire a connu de profondes transformations. Quelles sont celles que vous retenez ? Faisons-nous toujours le même métier aujourd’hui qu’il y a 40 ans ? »

Avec du recul, je me rends compte qu’au fond mon activité s’est toujours orientée vers l’assistance et la formation aux bibliothécaires, et paradoxalement moins directement vers les publics. Cela est patent pour les trois expériences que j’ai citées, mais je pourrais en dire autant de deux autres, la rédaction en chef du BBF ou pour finir la direction des études de l’Enssib. C’est sans doute pour cette raison aussi que depuis le début de ma carrière je ne peux m‘empêcher de publier articles et livres à l’attention de mes collègues…
Les formes de ce métier ont énormément évolué, et pas seulement pour des raisons technologiques. Il me semble que les bibliothécaires ont plongé dans la ville comme toutes les tensions et passions urbaines se sont immergées dans la bibliothèque. Il en est ressorti quelques évolutions majeures : la nécessité de savoir communiquer, le souci prioritaire d’inscrire l’action professionnelle dans des politiques publiques, et une exigence de service au plus près des publics.
Ce qui me frappe le plus, c’est le double mouvement professionnel qui s’est fait jour :
– Les bibliothécaires ont appris à organiser rationnellement et à maitriser ce qui avant n’était que fruit d’une tradition des pratiques professionnelles, en termes d’évaluations, de processus, etc.
– Paradoxalement, plus les technologies numériques virtualisent en quelque sorte la bibliothèque et l’information, plus la société est en demande de médiation humaine professionnelle. Le bibliothécaire d’aujourd’hui doit être aussi bien versé dans le numérique qu’immergé dans la médiation, sans pour autant négliger cette autre exigence inchangée : qu’il soit curieux et cultivé…

sourire en terrasse
Sourire en terrasse

les deux vieux
Les deux vieux

Deux visages deux regards
Deux visages deux regards

« Vous avez initié les politiques documentaires en France et fortement contribué à leur développement, tant par vos publications que par les groupes et rencontres professionnels que vous avez initiés et animés. En 2015, soit plus de 20 ans après la parution de votre 1er ouvrage, les demandes de formation en Poldoc sont croissantes et ne se limitent plus désormais à la question des acquisitions et du désherbage. Comment expliquez-vous une si longue « gestation » ? »

Cette question rejoint pour moi la précédente : il a fallu mener de front un processus de réflexion structuré sur les modalités de l’action publique à travers les collections, et opérer un renversement de regard qui considère comme centrales non plus les collections elles-mêmes, mais les multiplicités de besoins et d’usages des publics. Double évolution / révolution qui ne pouvait en aucune façon s’opérer instantanément ! De plus, le bibliothécaire est naturellement un être pragmatique : il essaye, regarde l’expérience d’un autre, tente à son tour, modifie tel ou tel point, etc. Si le processus est long dans ces conditions, il présente l’avantage de conduire à des convictions et méthodes fermement maitrisées.
Les 20 années en question ont été aussi une randonnée découverte. Partir des acquisitions était une évidence, arriver jusqu’à la question de la médiation documentaire supposait un long voyage, que la MIOP est une des rares à avoir parcouru jusqu’au bout ! Or ce voyage n’est jamais accompli par tel ou tel penseur seul. En matière professionnelle, c’est un chemin à parcourir en équipes, avec les enthousiasmes stimulants, mais aussi avec les inévitables réticences ou lenteurs !

les bas de demi-saison
Les bas de demi-saison

élégance
Élégance

vision fugitive
Vision fugitive

« Les technologies du numérique se sont emparées des bibliothèques, tant en termes de sélection que de médiation des contenus. Cette réalité d’hybridation des collections rend l’exercice du métier plus complexe et n’est pas, en plus des autres transformations à l’œuvre (nouveaux supports et usages de lecture, transition bibliographique, mises en réseau d’établissements, etc), sans susciter des peurs, des résistances… Quel regard portez-vous sur cette évolution/révolution ? »

Je ne suis pas sûr que le terme de « peurs » convienne vraiment ici. Il m’apparait clair que les professionnels connaissent aujourd’hui leur accointance nécessaire – voire leur dépendance – aux technologies du numérique et l’acceptent. Au fond, je parlerais plutôt de vertige grandissant : la première et facile accoutumance aux outils professionnels (j’ai réalisé ma première base de données de thésaurus sur le minuscule écran vert d’un petit IBM en 1983 !) s’est faite aisément, la mutation des documents sous une forme numérique a pris plus de temps (encore que ce soit maintenant largement acquis en musique notamment), le fait que grâce au numérique toute information devienne document potentiel donne déjà le tournis (comment se retrouver dans l’abondance des big data, à défaut même de la maitriser ?), enfin l’immersion même des publics dans ces technologies introduit un nouveau défi, celui du partage, de la prise de parole. Ajoutons à cela que cette évolution se développe dans un contexte juridique et économique extrêmement tâtonnant voire sauvage, pour comprendre le vertige que j’évoquais. Et nous n’en sommes sans doute qu’au début !
Ceci dit, je me méfie de la sidération technologique, et je conserve à l’esprit que le bibliothécaire est d’abord un metteur en ordre et en sens, un gardeur de traces, et un médiateur actif. Il doit l’être avec ou sans les technologies numériques. Mais il est clair qu’il ne peut plus l’être aujourd’hui sans ces dernières, et qu’elles offrent voire suscitent des possibilités extraordinaires !

acrobate : l'instant 1
Acrobate : l’instant 1

Verticales...
Verticales

quand j'étais danseur
Quand j’étais danseur

« On vous sait passionné de photographie, un domaine également très investi par le numérique. Peut-on faire là un parallèle avec l’évolution du livre ? »

Les contenus textuels du livre et les contenus iconiques de la photographie sont également traduisibles en bytes numériques, c’est ce qui les rend très proches. D’ailleurs, les bibliothèques sont nombreuses à acquérir, conserver et valoriser des fonds de photographies : la BM de Lyon – encore elle ! – dispose de près de 700 000 photographies dans ses collections, dont des milliers de chefs-d’œuvre, raretés inestimables qu’elle met en scène régulièrement. Néanmoins, je pense que le numérique a beaucoup plus bouleversé la photographie que le livre, d’abord parce que les formats de fichiers photo permettent d’obtenir et de conserver une énorme « épaisseur » d’information (la moindre image au format RAW de votre appareil photo pèse ainsi facilement plus de 40 MO : « une image vaut mille mots » dit un proverbe chinois !), ensuite parce que les technologies ont permis une immense appropriation sociale de la photographie, qui désormais a envahi la vie quotidienne, et s’échange quotidiennement sur les réseaux sociaux (le moindre téléphone portable est désormais doté d’un excellent appareil photo !) : ça, c’est véritablement innovant² ! D’ailleurs, la BM de Lyon, pour constituer ses collections photographiques régionales contemporaines, a recours aux dons numériques de nombreux contributeurs, qui en moins de 8 ans ont apporté plus de 10 000 clichés ! Je suis d’ailleurs fier de participer aujourd’hui personnellement à cette entreprise³.
Mon intérêt pour la photographie est ancien, effectivement, et je considère ce mode d’expression aussi puissant que le livre, tant par ses qualités documentaires que par ses possibilités narratives et esthétiques ! Cet intérêt se mêle en outre pour moi à la pratique photographique, activité à laquelle je peux me livrer de plus en plus, avec bonheur : c’est ma façon de raconter des histoires, moi qui n’ai guère de talent littéraire. Et j’apprécie particulièrement la photo de rue, qui me fait rencontrer mes contemporains avec une surprise toujours renouvelée et une émotion intacte. Au fond, ce sont ces personnes-là qu’en tant que bibliothécaire j’ai voulu servir pendant plus de 40 ans, et que je retrouve encore dans leur vie de tous les jours…. C’est une forme de respect et de continuité.

black stairs
Black stairs

Bienveillance barbue
Bienveillance barbue

Chaleur lyonnaise
Chaleur lyonnaise

¹La bibliothèque et la médiation des connaissances / Bertrand Calenge. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, février 2015

²Ecoutez ce très intéressant podcast assez court (30’) de France Culture : « La mise en flux des images. Ce que le numérique fait à la photographie ».

³la collection Photographes en Rhône-Alpes

Les fantômes du funiculaire
Les fantômes du funiculaire

Reflet matinal
Reflet matinal

autophoto
Auto-photo

→ Voir la page Wikipédia consacrée à Bertrand Calenge

→ Voir le blog (« Carnet de notes ») de Bertrand Calenge

→ Voir les publications de Bertrand Calenge au Cercle de la Librairie

→ Voir le site Poldoc, conçu et animé par Bertrand Calenge

→ Voir toutes les photos de Bertrand Calenge sur Flickr

Koha à la bibliothèque du Saulchoir : retour d’expérience

Quelques mois après le déploiement de Koha à la bibliothèque du Saulchoir (Paris 13ème), Isabelle Séruzier*, chef de projet » Conversion rétrospective » et responsable de l’informatique documentaire, a bien voulu se prêter à notre jeu des questions-réponses et ainsi nous livrer son premier retour d’expérience.

Bambou : « Pourquoi la bibliothèque du Saulchoir a-t-elle fait le choix d’un logiciel libre et de Koha en particulier ? »
Isabelle Séruzier : « La bibliothèque du Saulchoir vient déjà du monde du « Libre ». Elle s ‘est informatisée en 1998 avec CDS/ISIS, logiciel distribué gratuitement par l’UNESCO
Elle a dû abandonner CDSisis qui ne gérait pas l’unicode, ne fonctionnait plus sur des postes en 64 bits et surtout n’était pas complètement UNIMARC (pas de gestion du label, non répétitivité des sous-champs …)
Cette première et unique expérience d’un logiciel libre nous a permis de définir les critères de choix du nouveau logiciel
– normalisé
– peu coûteux en mise en place et en maintenance
– libre et open source, pour ne pas dépendre d’une société pouvant à tout moment cesser le développement du produit, augmenter le coût de la maintenance ou l’interrompre, arrêter son activité
– implanté dans de nombreux sites et reposant sur une large communauté d’utilisateurs pour en garantir l’évolution et la pérennité
– pouvant être mis en place et maintenu par différents prestataires pour ne pas être tributaires d’un prestataire unique
Après avoir examiné différents logiciels libres (ABCD, J-ISIS, PMB), c’est Koha qui nous a paru correspondre le mieux à nos exigences. »

Bambou : « Comment s’est passée l’intégration (en termes technique, organisationnel…) ? »
Isabelle Séruzier : « Le passage à Koha comportait 2 volets, gérés très professionnellement et efficacement par Frédéric Demians (société Tamil)
– La migration des 70 000 notices saisies sous Isis
– La mise en place du logiciel dans la bibliothèque (modules catalogage, registre d’entrée des lecteurs et bulletinage) avec un choix tout à distance chez Tamil (hébergement, maintenance,  mises à jour et sauvegardes)
Pour la migration des notices, nous avons travaillé environ 6 mois sur une base test pour régler tous les problèmes de conversion des caractères accentués, faire migrer les données dans les sous champs appropriés et récupérer nos données locales.
Le passage en production fut très rapide. Il a consisté en une journée de formation du bibliothécaire administrateur, qui a pu ensuite former le personnel à la saisie. La bascule de CDS/ISIS vers Koha s’est ainsi faite du jour au lendemain. »

Bambou : « Quelles sont vos premières impressions sur le fonctionnement du logiciel ? Avez-vous des premiers retours de vos utilisateurs ? »
Isabelle Séruzier : « Les catalogueurs ont vite adopté de nouvelles habitudes de travail. Ils apprécient la simplicité d’utilisation de Koha, ses fonctionnalités (champs préremplis, plugins, dérivation de notices…), son caractère intuitif et sa convivialité.

L’administrateur apprécie d’avoir la main sur la page d’accueil de l’OPAC (pour y insérer les nouvelles de la bibliothèque, ajouter des liens…), de pouvoir ouvrir plusieurs instances de Koha (ce qui facilite la gestion du catalogue).
Les utilisateurs sont satisfaits d’avoir un catalogue en ligne à jour, qui contient tous les types de documents et dont l’interrogation est simple.
Les points faibles du logiciel sont pour nous la question des rapports et statistiques, complexes à maîtriser et indispensables pour nos rapports d’activité.
Difficile de faire des statistiques annuelles des nouveaux inscrits, des réinscriptions, d’établir les domaines de recherche de nos lecteurs, les diplômes préparés… »

Bambou : « Quels impacts ce choix logiciel a-t-il ou aura-t-il selon vous, notamment sur le plan de votre organisation, de vos choix stratégiques informatiques ? »
Isabelle Séruzier : « Nous avons trop peu de recul pour en avoir une vision claire.
Nous pouvons déjà dire que l’interopérabilité de Koha nous permet d’envisager :
– la collaboration avec d’autres bibliothèques dominicaines ce qui signifie une réduction des coûts de fonctionnement
– une participation simplifiée à des catalogues collectifs, améliorant notre visibilité

Bambou : « Quelles évolutions (fonctionnelles et/ou techniques) attendez-vous de Koha ? »
Isabelle Séruzier : « Nous attendons de Koha qu’il suive les évolutions des normes et de la technologie, garantie de cette interopérabilité qui nous parait fondamentale.
Concernant les améliorations pratiques, un affichage des résultats de recherche où l’affichage détaillé s’ouvrirait sous la notice abrégée serait plus confortable. Le mode d’indexation des données est parfois surprenant et sans rapport avec les mots recherchés. »

Bambou : « Envisagez-vous, à court ou moyen termes, de participer au développement fonctionnel du logiciel, de vous positionner comme un acteur-contributeur au sein de la communauté Koha ? »
Isabelle Séruzier : « Nous l’envisageons à moyen terme, quand sera achevé le chantier de la rétro-conversion.
Nous adhérons à l’esprit du Libre et sommes conscients que l’implication des utilisateurs est essentielle pour qu’il vive et se développe. »

Présentation de la bibliothèque du Saulchoir
Située dans le 13e arrondissement de Paris, elle est en France l’une des plus importantes bibliothèques privées et l’une des meilleures bibliothèques de sciences religieuses et d’histoire de la pensée médiévale.

Description des collections :

  • 250 000 monographies
  • 18 000 brochures, tirés à part
  • 6 700 titres de périodiques dont environ 400 vivants

Ce qui fait la richesse de la Bibliothèque du Saulchoir, c’est qu’elle est véritablement une « collection » documentaire qui, depuis sa fondation, est animée par l’esprit de l’Ordre des Prêcheurs : exigence scientifique, cohérence du fonds, refus total de toutes censures, reconstitution d’un fonds patrimonial (incunables, Renaissances, etc. livres anciens et livres précieux)
Son implantation, à Paris (depuis 1973), a un peu modifié l’ampleur de ses acquisitions, en particulier dans le domaine des sciences bibliques en raison de la présence de la BOSEB (Bibliothèque Œcuménique et Scientifique d’Etudes Bibliques de l’Institut catholique de Paris), mais même dans ce domaine, elle a toujours entretenu des grandes collections et son fonds ancien permet les travaux d’histoire de l’exégèse biblique.

Elle a aussi réuni un fonds spécialisé :

  • Une collection d’estampes populaires (en particulier d’histoire politique française de la fin du XIXème siècle,) de gravures et de dessins (l’œuvre du Père Besson, peintre dominicain décédé en 1861, inventaire de 1.500 pièces)
  • Quelques collection rares comme les 150 gravures de Dimitri Varbanesco, (l’un des membres de la deuxième école de Paris, à côté de Manessier, Le Moal, Bertholle, Etienne Martin, Elvire Jan, etc…)

Services
Elle offre 60 places assises en salle de lecture équipée d’un accès wifi, est ouverte au public 36 h par semaine et s’adresse à un public de religieux, étudiants, universitaires, chercheurs.
Les livres, titres de périodiques, brochures et tirés à part sont tous présents dans le catalogue.
Les notices de dépouillements des ouvrages collectifs, et des recueils factices seront intégrées fin 2013
Le financement de ce projet a été entièrement pris en charge par la Bibliothèque Nationale de France et la Fondation américaine Caritas Veritatis.

Adoption de Koha en mai 2011
– a permis la mise en ligne de l’intégralité du catalogue
– a permis d’intégrer le catalogue de la Commission Léonine et permettra d’intégrer celui de la bibliothèque du Centre d’études œcuméniques Istina dont l’informatisation est imminente
*

iseruzier@bibliothèquedusaulchoir.org

Koha à la BULAC : retour d’expérience

Quelques jours avant l’ouverture du symposium Koha (cru 2012), organisé par la BULAC (Bibliothèque Universitaire des Langues et Civilisations), Bambou saisit l’occasion d’interroger Corinne Hayet*, chef de projet Koha, pour un retour d’expérience d’intégration du logiciel Koha au sein de son réseau documentaire.

Bambou : « Pourquoi la BULAC a-t-elle fait le choix d’un logiciel libre et de Koha en particulier ? »

C.Hayet : « La BULAC a choisi de passer à un logiciel libre parce qu’elle ne trouvait pas de SIGB propriétaire disposant des fonctionnalités nécessaires à son module de communication. L’appel d’offre qu’elle a lancé en 2007 à ce sujet a d’ailleurs été déclaré infructueux, faute de réponse de la part des fournisseurs.
Le choix s’est porté sur Koha parce que c’est un logiciel nativement UTF8 (base de données). De plus, une étude réalisée par la société BibLibre en 2008 à la demande de la BULAC a montré que le passage à un logiciel libre, y compris avec des développements, ne coûterait pas plus cher à long terme qu’un SIGB propriétaire.
L’utilisation du logiciel libre est aussi une politique volontariste de la BULAC qui a recours aux logiciels libres dès que c’est possible : développement en 2009 d’un logiciel libre pour le déménagement et la gestion de l’implantation des documents dans ses magasins (OLIMP), outils de gestion interne (eGroupware, Cocktail, GLPI), équipement des postes professionnels avec Libre Office, postes publics de consultation sous Ubuntu et XBMC pour l’audiovisuel, bibliothèque numérique sous Omeka. »

……….
Bambou : « Vous avez financé des développements spécifiques pour adapter Koha à votre contexte. Quelles sont ces fonctionnalités ? »

C.Hayet : « Les développements réalisés ont donc principalement portés sur la création d’un module « communication » et d’un module « entrées et magasinage », sur l’amélioration de certaines fonctionnalités déjà existantes dans Koha (chargeur SUDOC, impression et exports avec utilisation de Jasper Report) ainsi que sur l’interfaçage avec les « briques » existantes ou non du SI (WebServices).
L’accent a ainsi été mis sur la réalisation d’un « SIGB intelligent » adapté au bâtiment et s’interfaçant avec des « briques » logicielles déjà en place ou prévues dans le futur système d’information (OLIMP pour la gestion dynamique des magasins, système de contrôle d’accès, allumage des voyants sur les tables de consultation, réservation d’espaces). »

………..
Bambou : « Comment s’est passée l’intégration du logiciel au sein de votre réseau (en termes technique, organisationnel…) ? »

C.Hayet : « La migration vers le SIGB Koha s’est traduite par la mise en place d’une structure projet (comité de pilotage, équipe de projet, groupes de travail, référentiel documentaire). Elle s’est faite parallèlement au transfert des collections et à l’emménagement dans un nouveau bâtiment.
Les développements ont été effectués par la société Progilone ou en interne (chargeur SUDOC, OPAC). La version de Koha à partir de laquelle ces développements ont été faits est la 3.02.00.004.
Ils ont été en priorité réalisés dans le code source de Koha (PERL). Toutefois, les fonctionnalités hors périmètre d’un SIGB classique ou pouvant être exécutées en local sur les postes professionnels ont été développées sur une technologie JAVA et intégrés visuellement dans l’interface de Koha.
La mise en production s’est faite de manière échelonnée en fonction des impératifs de service et d’installation dans le nouveau bâtiment : chargeur SUDOC, OPAC, recherche professionnelle, catalogage et bulletinage en mars 2011, acquisitions en novembre 2011, communication et magasinage-entrées entre décembre 2011 et janvier 2012. »

………..
Bambou : « Quelles sont vos premières impressions sur le fonctionnement du logiciel ? » Avez-vous des premiers retours de la part de vos utilisateurs (professionnels comme usagers)? »

C.Hayet : « Il s’agit d’un logiciel assez facile de prise en main et d’ergonomie. Les difficultés rencontrées tenaient moins à la prise en main de l’outil, qu’à l’appropriation de nouvelles procédures (communication, catalogage et exemplarisation, acquisitions) et d’un nouveau bâtiment. Un effort tout particulier a été porté à la formation, réalisée en interne par des formateurs-référents. »

………..
Bambou : « Quelles évolutions (fonctionnelles ou techniques) attendez-vous de Koha sur les courts et moyens termes ? »

C.Hayet : « Les principales évolutions attendues sont celles concernant les modules « acquisitions » et « périodiques ». Ce sont là les deux « points faibles » de Koha. Nous attendons d’ailleurs avec impatience de voir les développements qui ont été réalisés à ce sujet dans la version 3.8.
Nous attendons aussi un changement sur le moteur d’indexation qui peut présenter actuellement certaines faiblesses et étudions un passage à SOLR qui permettrait à terme la mise en place d’un outil de découverte. »

………..
Bambou : « Envisagez-vous de poursuivre votre action de contributeur au sein de la communauté Koha ? »

C.Hayet : « Oui, l’une de mes tâches prioritaires dans les prochains mois va être de mettre à disposition de la communauté les développements réalisés dans le cadre de notre marché. Nous savons que la fonctionnalité de pré-inscription, notamment, est déjà très attendue par d’autres établissements.
Nous réfléchissons également à poursuivre nos développement avec un module « conservation » pour la gestion des trains de reliure. »

*corinne.hayet@bulac.fr

en complément de l’entretien, voir la fiche-synthèse du projet Koha à la BULAC

quelques infos sur la BULAC :

  • Surfaces :
    • Magasins -> 5000 m²
    • 3 salles de lecture -> 5000m²
  • Lecteurs -> 7500 (au 27 avril 2012)
  • Volume total -> 1,5 millions, dont 200 000 en libre-accès
  • Communication :
    • Prêts -> 1500 prêts pour semaine
    • demandes de communication -> 1000 demandes par semaine
  • Ouverture du lundi au samedi de 10h à 22h.

De PMB à Koha : retour d’expérience de la BU de l’ICT

Bambou poursuit ses consultations auprès des utilisateurs du logiciel libre Koha en relatant cette fois-ci un cas un peu plus singulier puisqu’il s’agit là, non pas d’une migration d’un logiciel propriétaire vers Koha, mais de celle d’un logiciel libre (PMB) vers Koha (lequel, rappelons-le, est libre ET communautaire). On remercie donc Magali Hurtrel Pizarro, conservateur de la Bibliothèque Universitaire de l’Institut catholique de Toulouse, de nous livrer ce retour d’expérience, quelques mois seulement après la mise en service de Koha au sein de son établissement.

Bambou : « Pourquoi la Bibliothèque universitaire de l’Institut catholique de Toulouse a-t-elle fait le choix de changer de logiciel libre en passant de PMB à Koha ? »

Magali Hurtrel Pizarro : « Le choix de migrer de PMB à Koha a été principalement motivé par notre souhait de rejoindre le réseau du Sudoc. Ce passage de l’un à l’autre était un pré-requis dans la mesure où le logiciel PMB n’était pas pourvu d’une passerelle d’échange Sudoc-SIGB et que nous ne pouvions envisager d’en financer le développement. Les retours d’expérience positifs de structures documentaires universitaires, notamment du sud-est de la France, ou de l’Institut des sciences de l’homme, à qui je renouvelle mes remerciements pour leur disponibilité, nous ont permis de confirmer notre choix avec sérénité. Le choix du passage de PMB à Koha a facilité également notre connexion au portail Origène, meta-catalogue des bibliothèques des 5 instituts et universités catholiques françaises (http://origene.univ-cathofrance.fr/)

Principaux critères (entre autres) vus comme apportant une valeur ajoutée :

  • une meilleure gestion du format UNIMARC et des autorités matières RAMEAU
  • une gestion des liens pour signaler les filiations des ressources continues
  • une valorisation des nouveautés par le biais d’une requête pérenne (tag de notices). »

……….

Bambou : « Comment s’est passée l’intégration (en termes technique, organisationnel…) ? »

Magali Hurtrel Pizarro : « L’intégration réalisée en 2011 par la société TAMIL s’est très bien passée.En quelques mots, le projet s’est déroulé sur un an environ, de la rédaction du cahier des charges au choix du prestataire qui allait nous accompagner dans ce changement d’envergure, à la migration des données, et enfin à la mise en ligne de la nouvelle interface du catalogue « aux couleurs » de notre bibliothèque.

En termes techniques, les plus grandes difficultés semblent avoir été la récupération des notices « filles », propres à PMB et les bulletins de périodiques qui sont devenus des notices d’articles, interrogeables aujourd’hui par mot du titre.

En termes de fonctionnalités, ce projet a sollicité beaucoup d’ingéniosité de la part de Frédéric Demians (Tamil) pour répondre au plus près à nos attentes. Les liens de filiation entre notices de périodiques, notamment, est une grande réussite, particulièrement appréciée de nos lecteurs. Les transferts réguliers du Sudoc vers Koha sont opérationnels et nous avons réalisé la première partie de la localisation automatique de nos données (issues de PMB) dans le Sudoc.

En terme organisationnel, et dans la dynamique de deux déploiements simultanés, presque trois (Koha, Sudoc et Origène), nous ne pouvons que nous réjouir du chemin parcouru (à titre indicatif, la première informatisation de la bibliothèque de l’ICT date de 2005 avec PMB).

Cela a été un réel travail d’équipe ! De nouveau, un grand merci à Frédéric Demians (Tamil), l’équipe de l’ABES et aux bibliothèques de l’UDESCA« .

……….
Bambou : « Quelles sont vos premières impressions sur le fonctionnement du logiciel ? » Avez-vous des retours de vos utilisateurs ?

Magali Hurtrel Pizarro : « Nous sommes ainsi que nos utilisateurs globalement très contents. Une enquête de satisfaction portant notamment sur cette récente évolution sera prochainement distribuée à nos lecteurs. Nous aurons alors plus d’éléments de réponse.

Concernant les fonctionnalités prévues pour les utilisateurs, tout n’est pas encore finalisé. Nous pensons particulièrement au compte-lecteur que nous espérons mettre à disposition de nos étudiants et enseignants à partir de septembre prochain (en lien avec l’annuaire LDAP de l’établissement, en cours de déploiement)« .

……….
Bambou : « Quelles évolutions attendez-vous de Koha sur les court et moyen termes ?

Magali Hurtrel Pizarro : « Il nous manque un peu de recul pour véritablement nous projeter pour le moment, surtout dans un contexte de réflexion intense sur le web sémantique.Néanmoins, il semble que certains liens pourraient être développés (par exemple, entre les différents supports : texte imprimé et document numérique). Les fonctionnalités de recherche en OPAC pourraient aussi être améliorées, notamment concernant les autorités matière (termes « employé pour », etc. / « commence par » au lieu de « contient » seulement). A méditer donc… ».

……….
Bambou : « Envisagez-vous de participer au développement fonctionnel du logiciel, de vous positionner comme un acteur-contributeur au sein de la communauté Koha ? »

Magali Hurtrel Pizarro : « Oui, pour le bien commun, dans la mesure de nos moyens, bien sûr ! ».

……….

Quelques infos sur la BU de l’ICT

sa mission : répondre aux attentes de la communauté universitaire de l’ICT non seulement en matière de documentation mais aussi en terme de méthodologie de recherche.

sa collection :

  • 20 000 volumes en libre-accès, 250 000 ouvrages en magasin consultables sur demande, ainsi que 300 titres de revues, reflétant les domaines d’enseignement de l’I.C.T.
  • une collection patrimoniale évaluée à 25 000 volumes qui présente des trésors tels le Livre des Rois, quelques incunables et autres fonds essentiellement religieux.
  • le fonds du Centre d’Etudes Africaine, Arabe et Asiatique qui comprend de nombreux ouvrages dans les domaines des missions, de la théologie et de l’anthropologie culturelle.
  • 5000 prêts / an

ses services :

  • Aide à la recherche et orientation du lecteur
  • Postes informatiques dédiés à la recherche documentaire
  • Accès WIFI et Internet
  • Photocopieuse et impression de vos résultats de recherche à partir des ordinateurs de la B.U. (vente de la carte à la B.U)
  • Prêt entre bibliothèques (PEB)

ses publics : 2000 étudiants environ


le release manager de Koha 3.8 répond à Bambou

Paul Poulain*, nouveau release manager du SIGB Koha (version 3.8), et également co-fondateur de la société BibLibre, a bien voulu nous éclairer sur le mode de gouvernance qui structure et anime désormais la communauté internationale des développeurs du logiciel libre Koha

Bambou : « Vous êtes actuellement le release manager de la version 3.8 communautaire de Koha. Pouvez-vous nous préciser en quoi consiste cette fonction ? »

Paul Poulain : « La communauté Koha rassemble des contributeurs des quatre coins du monde. Un travail de coordination est donc nécessaire pour que les contributions s’assemblent de la manière la plus harmonieuse possible. Afin qu’un nouveau contributeur puisse identifier « qui fait quoi », un certain nombre de responsabilités doivent être nominatives. Parmi celles-ci :

  • le Release Manager = il est responsable de la coordination des travaux en vue du développement de la version du logiciel qui sera diffusée à la prochaine publication. Depuis 18 mois, notre cycle de publication est basé sur le principe « Time Based Release », c’est à dire 1 publication tous les 6 mois (fin avril et fin octobre). Le contenu de la publication n’est donc pas défini à l’avance : ce qui est prêt est publié. Ce qui ne l’est pas est repoussé au cycle suivant. C’est justement le rôle du Release Manager de coordonner et trancher en cas de difficulté.
  • le Release Maintainer = il est responsable de la maintenance de la dernière version stable publiée (à ce jour, la version 3.6)
  • le QA manager = il est chargé de définir et contrôler la qualité technique du code qui « rentre » dans l’application. Ce rôle est très important même si invisible, car c’est grâce à la QA que l’application reste « lisible » et « maintenable ». Le QAM est assisté de QA Assistants, qui l’aident dans sa tache de contrôle.
  • Dans les autres responsabilités, citons le « documentation manager » (responsable de la documentation -en anglais-) le « translation manager » (responsable du site sur lequel sont faites les traductions) et le « packaging manager » (responsable de la fabrication et publication des « paquets » Koha pour différentes distributions de Linux -à commencer par Debian-) »

Bambou : « Comment êtes-vous désigné et par qui ? »

Paul Poulain : « Généralement 2 mois avant une release, une page de wiki est ouverte par quelqu’un (n’importe qui), pour demander « qui est candidat à quel rôle pour la prochaine version? ». Pour la prochaine version, la page est visible ici. N’importe qui peut être candidat et, s’il y a plusieurs candidats, un vote est organisé. Il n’y a eu que très rarement besoin d’un vote jusqu’à présent. En effet, ces différentes responsabilités ne sont pas des sinécures, elles demandent beaucoup d’investissement, et ne rapportent rien, sauf des complications dans son quotidien !
Pour la prochaine version (baptisée 3.10 pour l’instant), vous pourrez constater que nous avons encore plusieurs postes vacants, dont celui de QA Manager, le précédent QAM ne souhaitant pas poursuivre.
Pour ce qui me concerne, j’ai postulé pour rester Release Manager parce que j’estime qu’un seul cycle de 6 mois, c’est trop peu. Je me porterai peut-être volontaire pour un 3eme cycle dans 6 mois, mais ce n’est pas sûr, et en tous cas sûrement pas pour un 4eme ! Pour l’instant, j’ai encore de nombreuses idées que je souhaite mettre en place. »

Bambou : « Quel temps consacrez-vous à cette activité ? »

Paul Poulain : « Lorsque j’ai posé ma candidature, nous (la direction de BibLibre) avions convenu que j’y passerai un mi-temps. Dans les faits, j’y consacre un peu plus qu’un mi-temps. Et je ne travaille pas que 35H par semaine. Par contre, je réussis à préserver mes week-ends de manière très stricte et j’y passe quelques soirées, mais j’évite que ce soit fréquent. Le travail possible est tellement important que 2 personnes pourraient y consacrer un plein temps sans difficulté ! »

Bambou : « Quels sont les critères d’acceptation ou de refus d’un patch soumis par les développeurs ? »

Paul Poulain : « Pour être inclus dans Koha, un « patch » (= des lignes de code source qui corrigent un bug ou ajoutent une fonctionnalité) doit passer plusieurs étapes:

  • être soumis via la plateforme, avec un formalisme décrit sur notre wiki communautaire
  • être testé par une tierce personne du point de vue fonctionnel. Lorsqu’un testeur (n’importe qui, il n’y a pas besoin de s’inscrire pour ce faire) a testé le patch et constaté qu’il règle bien le problème décrit ou ajoute la fonctionnalité annoncée va « signer » le patch, toujours sur la plateforme
  • être passé au tamis de la QA. la personne de l’équipe de QA qui va regarder le patch va vérifier s’il respecte nos règles de développement, notamment la conformité avec nos « coding guidelines« 
  • enfin, le Release Manager va vérifier une dernière fois le patch et l’inclure dans Koha. Le RM a le « mot de la fin » dans tous les cas. S’il estime qu’il serait utile qu’une autre personne teste le patch, que son intégration est « dangereuse » pour la stabilité du code en général,… il peut le refuser. Certains me demandent combien de patches je rejette, je dirais qu’1 patch par semaine, au maximum, pose problème.

Dans la plupart des cas le rejet n’est pas définitif. Lorsqu’un patch ne « revient pas » après avoir été rejeté une première fois, c’est généralement parce que celui qui l’a soumis ne répond pas à nos demandes. Dans ce cas, il arrive parfois qu’une autre personne prenne le patch en charge, mais c’est assez peu fréquent.
Ajoutons que les patches qui correspondent à une correction de bug ne posent généralement pas de problèmes importants et qu’il arrive que j’accepte des corrections de bugs importants même si la solution proposée n’est pas idéale techniquement. L’efficacité prime. »

Bambou : « Pensez-vous que le modèle de gouvernance actuel est satisfaisant ou en attendez-vous des évolutions, au regard notamment de l’expansion considérable de Koha sur le plan international ? »

Paul Poulain : « C’est une question très large, et également très sensible… Comme toutes les communautés Open Source -ou presque-, l’écosystème Koha fonctionne sur le principe de la « méritocratie« .
Certaines communautés ont une organisation s’apparentant à des cercles concentriques, avec un noyau ayant une autorité et des droits plus importants que les cercles périphériques. La communauté Koha est strictement basée sur le principe « 1 personne = 1 voix ». Cela signifie qu’il faut toujours être convaincant lorsque l’on porte une idée.
Cette situation me convient plutôt, mais elle aboutit parfois à des blocages lorsqu’il n’y a pas de consensus. Et le blocage signifie que l’on ne change rien à une situation dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle n’est pas bonne.
Heureusement, ce genre de blocage est rare, et en général, celui qui apporte une idée sur la balance, avec la réalisation de cette idée, est bien accueilli !
Un autre souhait que je pourrais formuler serait que plus de bibliothécaires s’impliquent dans la gouvernance du projet. Il y a quelques profils « mixtes » (Katrin -allemande-, Liz et Owen -américains- ou Magnus -norvégien-), mais la plupart des participants réguliers et assidus ont un profil de développeur. »

Bambou : « Quelles sont vos motivations à exercer une telle responsabilité, au-delà des compétences techniques qui sont les vôtres ? »

Paul Poulain : « Vaste question… à laquelle je peux donner plusieurs réponses, toutes sincères et vraies. Tout d’abord, j’ai fait mienne la devise suivante : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Au final, je préfère aller plus loin que plus vite. Par ailleurs, BibLibre est le plus gros contributeur de Koha. Il m’a donc paru logique que nous poussions notre participations aussi au niveau « RM ». Il m’a aussi semblé que j’avais quelques idées qu’il serait plus facile de mettre en œuvre en étant Release Manager, « en tenant la barre » en quelque sorte.
Enfin, je suis un « libriste », avant d’être un « chef d’entreprise ». BibLibre ayant la taille et les moyens d’investir dans cette œuvre commune, il nous a semblé que c’était cohérent avec notre « mission » d’entreprise. »

*Ingénieur en Informatique, Paul Poulain a travaillé pour l’assurance maladie et, à la fin des années 1990, dans une start-up du secteur de la vente en ligne. Il s’implique dans des projets de logiciels libres depuis 1998. Contributeur aux développements de Koha depuis 2001, il s’est engagé à temps plein dans ce projet dès 2002. Il en est l’un des plus importants développeurs, ayant en particulier mis en œuvre la gestion des formats MARC. Dans ces différentes activités, Paul Poulain a ainsi œuvré depuis 2001 à faire connaître les logiciels libres dans le monde des bibliothèques.
paul.poulain@biblibre.com | +33-(0)491813508 | http://twitter.com/paul_poulain

la MIOP choisit WebKiosk

La MIOP a mis en service la dernière brique open source de son système d’information documentaire avec le logiciel WebKiosk, une solution (conçue par la société Aésis Conseil) qui présente de nombreuses qualités techniques et fonctionnelles* et qui offre des perspectives de développement communautaire sur le moyen terme (à l’image, en France, des 3 sociétés supports autour de Koha).

Et comme ce fut le cas avec lesdites sociétés (voir ici et ), Bambou a souhaité mieux connaître ces nouveaux acteurs du libre en interrogeant Franck Goirand et Marco Simondot, les 2 dirigeants de la société Aésis Conseil

Bambou : Quels sont vos domaines d’expertise, vos profils ?

Franck Goirand : De formation ingénieur informatique industrielle, j’ai d’abord été administrateur système pendant 6 ans dans une société de télécommunication puis chef de projet grands comptes chez un éditeur de logiciel propriétaire pendant 5 ans. Une faillite de cette société éditrice, laissant par conséquent tous ses clients sans aucun support sur la solution vendue, m’a amené à réfléchir sérieusement sur le fonctionnement des logiciels dits « propriétaires ». A partir de cette réflexion, nous avons créé avec Marco la société Aesis Conseil en septembre 2003, spécifiquement dédiée à la promotion du logiciel libre aussi bien dans les sociétés privées que dans les administrations. Le logiciel AesisGDM devenu par la suite WebKiosk (distribué sous en GPL) est né en 2004 par la demande de l’un de nos clients historiques.

Marco Simondo : De formation « analyste développeur », j’ai d’abord été développeur pendant 3 ans dans une société de télécommunication (la même que Franck). Ensuite, j’ai été administrateur système pendant 6 ans chez un éditeur d’un logiciel propriétaire spécialisé dans la télédistribution et la gestion de parc. Dans cette fonction j’ai acquis une bonne connaissance des systèmes Unix des différents éditeurs (IBM, SUN, HP). Après la mise en liquidation de la société, nous avons décidé avec Franck de fonder Aesis Conseil, en profitant de l’essor et de la professionnalisation des solutions libres pour les entreprises et les administrations. L’esprit communautaire et le bouillonnement permanent de cet univers constituent pour moi un magnifique défi à relever au quotidien.

Bambou : Vous avez résolument opté pour les solutions libres. Pour quelle(s) raison(s) ?

Marco Simondo : Nous pouvons dire que les logiciels libres apportent une valeur ajoutée incontestable en matière de contenu fonctionnel et de « développement technique durable ». Il est en effet possible de proposer aujourd’hui des solutions clé-en-main s’articulant autour de composants divers, tous issus du libre (le système d’exploitation, les applications proposées aux usagers, l’application métier, etc.). Les destinataires de ces solutions ne sont pas de simples acheteurs de prestations mais des partenaires avec lesquels il faut évaluer les besoins, les contraintes, les attentes des usagers et du personnel des bibliothèques. Le logiciel libre permet de faire évoluer ces besoins dans le sens d’une plus grande autonomie et d’une meilleure qualité des services proposés à tous les acteurs (DSI, personnel, usagers, élus).

Franck Goirand : D’un point de vue personnel, cela vient principalement de mon expérience personnelle passée dans une boite éditrice de logiciels professionnels qui, en faisant faillite, a laissé des employés et des clients sur le carreau. Pour ces derniers, c’était un grand désarroi de se retrouver avec des solutions logicielles sans aucun support. L’aventure m’a donc apporté une grande remise en question et d’autres considérations entrent dans ma réflexion. Imaginons, par exemple, que l’on souhaite acheter une voiture et que le vendeur tienne le discours suivant :

  • Vous ne pourrez pas sortir de la région avec votre voiture.
  • Vous devrez obligatoirement faire le plein dans nos stations services.
  • Dites-nous combien vous prévoyez de passagers car vous devez payer un montant supplémentaire pour chacun.
  • L’entretien devra être effectué seulement dans notre garage.

Soyons honnêtes, personne n’accepterait de telles conditions d’utilisation, pourtant elles sont souvent rencontrées dans le monde du logiciel propriétaire.
D’un point de vue économique, le marché global des logiciels a profondément évolué, nul ne peut le nier. Le modèle dit « propriétaire » qui s’est imposé pendant des années soulève divers problèmes éthiques et financiers. Se posent en effet les questions de la dépendance du client aux technologies du prestataire (pas d’accès au code source) ainsi que celle d’une obsolescence parfois programmée dans l’optique avouée de maintenir des licences à jour et (trop ?) compétitives, ce qui nuit fortement aux intérêts des acquéreurs et des « petits » prestataires.

Bambou : Le logiciel WebKiosk est manifestement très adapté au monde des bibliothèques. Pourquoi avoir ciblé ce type d’environnement professionnel ?

Franck Goirand : Le modèle Open Source est doublement favorable aux bibliothèques publiques et privées. Non seulement les coûts liés à l’acquisition d’un logiciel libre ne portent pas sur une quelconque licence, mais de surcroît les acquéreurs sont en mesure de disposer des sources de la solution. Les quatre libertés du logiciel libre que sont celles d’exécuter, d’adapter, de redistribuer et d’améliorer les programmes sont un gage de liberté et d’identité pour les bibliothèques. Étant des lieux de culture par excellence, nous savons que les considérations bibliothéconomiques engagent les différents acteurs du numérique à prendre en compte les spécificités de chaque établissement.

Marco Simondo : Il faut bien comprendre que WebKiosk n’est pas seulement une solution de sécurisation des postes. Du moment qu’un usager s’installe devant un ordinateur dans sa médiathèque, tout le confort est disponible. Qui sont les utilisateurs finaux de nos solutions ? Ce sont les adhérents et le personnel des médiathèques ! Ces personnes ne sont pas forcément des informaticiens : d’un côté, ce sont des usagers auxquels cette simple formule doit s’appliquer : 1 besoin = 1 application. De l’autre côté, les personnels des médiathèques sont notamment des bibliothécaires et des animateurs d’espace multimédia. Comme ce sont les utilisateurs finaux de nos solutions, ils doivent se sentir à l’aise et utiliser des outils bien conçus en terme d’ergonomie. Malheureusement, nous avons constaté que la plupart des offres propriétaires n’étaient pas toujours satisfaisantes à ce niveau car elles répondent à des objectifs commerciaux rigides.

Bambou : Au-delà de vos actions de prestataire, comptez-vous favoriser un développement communautaire autour du logiciel WebKiosk ?

Franck Goirand : Chaque bibliothèque est unique et désire à cet effet proposer des services singuliers à ses usagers. Favoriser un développement communautaire autour du logiciel WebKiosk ne peut se faire qu’en mutualisant les demandes les plus fréquentes parmi nos clients. Pour les divers contributeurs, notre plate-forme communautaire de développement est ouverte à tout le monde par le biais du forum sur le site du projet WebKiosk.

Marco Simondo : Je complèterai la remarque de Franck en précisant que le développement de WebKiosk s’articule autour de fonctionnalités et de modules complémentaires. Les fonctionnalités répondent à une logique pratique commune. Nous estimons que tous les utilisateurs de WebKiosk ont intérêt à bénéficier de ces outils, c’est le cas par exemple de la consultation des statistiques d’utilisation des postes. Toutefois, les modules complémentaires n’intéressent pas forcément tous les utilisateurs, c’est le cas de la gestion d’un « BiblioBus », de l’interfaçage avec tel ou tel SIGB (comme Koha) ou bien encore du portail captif WiFi pour le public. Toutes les médiathèques n’ont pas les mêmes besoins, nous concentrons donc nos efforts en fonction des demandes les plus récurrentes et pertinentes afin d’assurer une solution de base fonctionnelle et évolutive.

Bambou : Quel regard portez-vous sur l’évolution de WebKiosk et, plus largement, sur celui des produits open source en bibliothèque ?

Marco Simondo : WebKiosk, comme toute solution Open Source, évolue vers davantage de progrès technique. Ce modèle ne suppose pas de brider les utilisateurs (finaux ou acquéreurs) dans l’unique but d’accroître une dépendance qui les enfermerait davantage dans leur solution. Et plus le temps passe, plus ce sentiment d’interdépendance prend de l’ampleur. Les élus, les responsables informatiques, les directeurs de bibliothèques et de médiathèques prennent de plus en plus conscience de ce « sac de nœud » involontaire dans lequel ils se retrouvent trop souvent liés. L’objectif d’une bibliothèque n’est pas de dépenser l’intégralité de son budget dans une solution non pérenne. Son objectif, c’est notamment celui d’apporter la culture et l’accès à l’informatique à ses usagers.

Franck Goirand : Effectivement, nous parlons d’évolution au sens générique et non d’une évolution, votre formulation est bien choisie. A l’heure où les gouvernements ouvrent les données publiques, où l’interopérabilité devient une règle de plus en plus normalisée, et où les bibliothèques tendent vers plus de médiation numérique, alors WebKiosk, Koha et tous les logiciels Open Source en général constituent et constitueront sans cesse cette évolution qu’attendent les bibliothèques publiques pour relancer la fréquentation de leurs établissements dans le cadre d’une expérience orientée usager.

A ce sujet, nous profitons de cette petite entrevue pour vous livrer l’un de nos développements futurs : le support de WebKiosk sur les tablettes tactiles numériques ! Si vous voulez voir un aperçu de ce projet, nous vous invitons à regarder cette vidéo de présentation du système Ubuntu sur tablette.

* Caractéristiques techniques et fonctionnelles du logiciel Webkiosk

Accès Internet avec session individuelle et conservation des données utilisateurs.

Attribution de temps limites d’utilisation afin de garantir une bonne rotation des usagers sur les postes.

Filtrage d’Internet contre les sites avec des contenus inappropriés aux jeunes.

Statistiques d’utilisation des postes (Affichage en temps réel des statistiques hebdomadaires d’un utilisateur).

Gestion des comptes utilisateur via une interface d’administration Web.

Attribution de quotas temps (temps de consultation Internet, temps d’utilisation de la bureautique), de quotas disque et d’un forfait de pages à imprimer (hebdomadaire ou renouvelable).

Alertes notifiées aux utilisateurs lors du dépassement d’un des seuils (temps de connexion épuisé, nombre de pages disponibles insuffisantes pour l’impression demandée, place sur disque insuffisante, …).

Mise à jour quotidienne des filtres Internet. Gestion de listes blanches et listes noires en temps réel.

Gestion des postes par espace offrant une vue organisé de la médiathèque.

Système de contrôle des temps de réservations journalier et hebdomadaire.

Visualisation en temps réel de la disponibilité des postes.

Service d’impressions : filtrage par utilisateur ; visualisation des documents au format PdF ; envoi des documents par email ; choix de l’imprimante de sortie pour les opérateurs.

Paramétrages spécifiques à la Médiathèque Ouest Provence :

  Synchronisation des identifications d’accès avec la base des adhérents Koha
  Durée des sessions journalières : 105 minutes par jours (1h15 + 30m)
  Pages d’impression : forfait hebdomadaire, 10 pages gratuites / jour, 70 par semaine
  Espace disque personnel: 100 Mo par usager
  Wi-Fi : développement de la gestion d’une QoS spécifique intégrée à la solution WebKiosk pour les postes connectés en Wifi au travers du portail captif ; limitation de la bande passante globale affectée aux usagers en Wifi (priorisation de la navigation pour les postes publics) ; limitation du temps de connexion des usagers en Wifi ; limitation du nombre d’usagers simultanés connectés en Wifi ; Possibilité de mettre en place un monitoring de l’usage de la bande passante via des outils de type Ntop ou autres afin d’ajuster en suite le paramétrage de QoS.

Koha à Beauvais : retour d’expérience

Quelques mois après le déploiement de Koha au sein du réseau des médiathèques du Beauvaisis, son directeur Édouard Chevrel a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses pour nous livrer son premier retour d’expérience.

Bambou : “Pourquoi le réseau des médiathèques du Beauvaisis a-t-il fait le choix d’un logiciel libre et de Koha en particulier ?”

Édouard Chevrel : “Le choix d’un logiciel libre est devenu pour nous une évidence, pour 2 raisons :

Tout d’abord, nous avions un SIGB propriétaire qui n’avait plus de perspectives d’évolution, n’étant plus commercialisé depuis plus de trois ans.

Notre ancien fournisseur a connu une réorganisation qui a eu pour conséquence une érosion de ses effectifs en France, une hotline externalisée en dehors de l’U.E et un nouveau SIGB moins intéressant fonctionnellement que son ancienne offre.

Pour éviter de reproduire cette situation et se retrouver « prisonnier » d’un fournisseur, nous avons donc privilégié pour notre ré-informatisation un SIGB libre.

Pour finir, les SIGB libres sont pour nous une alternative viable, avec un aspect communautaire où les bibliothèques impulsent de nouvelles fonctionnalités au profit de tous. Plus la communauté est grande, plus le logiciel sera pérenne dans le temps avec des améliorations régulières en rapport avec les nouvelles pratiques de notre public.

Le choix de Koha s’est fait en interne avec nos bibliothécaires. Pour cela, nous avions sélectionné deux SIGB libres (Koha – PMB) en bibliothèques qui se démarquaient des autres. En effet, leurs fonctionnalités égalaient celles des progiciels propriétaires, voire même les dépassaient sur certains aspects ; aspects qui étaient ceux sur lesquels nous voulions justement mettre l’accent (flux d’information, ergonomie de recherche et d’interface, diffusion sélective de l’information, intégration web, etc.).

Après 3 mois de test des deux progiciels, Koha s’est avéré correspondre au mieux à nos besoins en terme de fonctionnalité professionnelle mais aussi sur les fonctionnalités pour nos lecteurs (flux RSS, interface clair, assistance de la communauté, gestion multi-sites avancée…)”

…….

Bambou : “Comment s’est passée l’intégration (en termes technique, organisationnel…) ?”

Édouard Chevrel :“Suite au test, nous avons fait un appel d’offre pour le déploiement, l’adaptation et la maintenance du SIGB Koha. Deux sociétés ont répondu à notre appel d’offre, la société BibLibre ayant été retenue.

La partie technique du projet s’est étalée sur 4 mois du 17 janvier 2011, date de la première réunion de travail avec notre prestataire, au 19 mai jour de l’ouverture au public avec Koha.

Pour la partie organisationnelle, nous avons créé une équipe pilote du projet avec un informaticien et une bibliothécaire du réseau. Ensemble, nous avons pu balayer tous les aspects de la ré informatisation en lien avec les équipes. Nous avons initié les agents à la pratique de Koha dès la phase de test. Cela a ainsi permis la tenue de réunions concrètes, par pôle (prêt/retour/inscription, acquisition, catalogage, périodique…) permettant ainsi de constater pleinement, pour chaque module, les adaptations à prévoir et les formations à mettre en place pour que chaque agent se saisisse des nouvelles fonctionnalités.

Cette période de préparation a aussi nécessité un large nettoyage de notre base bibliographique, ce qui a été entrepris par une de nos équipes jusqu’à la migration définitive de notre base sur Koha. Nous avons ainsi pu gagner en clarté sur notre catalogue pour un meilleur confort pour nos usagers.

La migration des données s’est déroulée sans accroc grâce à notre chef de projet Stéphane Delaye chez BibLibre qui connait très bien la structure de notre ancienne base de données.

La réussite de cette migration doit également aux qualités de nos équipes en interne tant au niveau de son encadrement et de ses formations que des groupes de vérificateurs qui ont testé les différents jeux de données à chaque itération dans Koha, nous faisant part des ajustements à entreprendre.

La méthode de formation choisie a été la suivante : notre prestataire a formé un groupe de 10 agents pour chaque module (circulation/périodique/recherche…). Ce sont ensuite ces agents qui ont assisté le responsable informatique et la responsable bibliothécaire pour former leurs collègues. Une documentation a été spécialement créée et adaptée à notre structure par notre équipe d’encadrement pour chaque module.

Notre service informatique nous a aussi épaulé pendant toutes les grandes phases d’intégration car nous avions décidé de ne pas fermer le réseau pendant la ré-informatisation. Il nous a également assistés lors des premiers jours d’utilisation de Koha au public

…….

Bambou : “Quelles sont vos premières impressions sur le fonctionnement du logiciel ?”

Édouard Chevrel :“La première impression ressentie est un sentiment de liberté. Nous pouvons exploiter au maximum les capacités du SIGB et nous avons une assistance réactive par notre prestataire avec qui notre responsable informatique est en lien permanent. Celui-ci est également en soutien quotidien des agents pour qui la façon de procéder a radicalement changée. De nouveaux réflexes sont à adopter tant pour eux que pour les usagers.

Nous pouvons dorénavant proposer à nos lecteurs de nouveaux services. Ainsi, ils ont maintenant la réelle gestion de leur compte. Ils ont la possibilité de choisir leur lieu de retour de documents mais également de retrait de réservation. Ils peuvent également prolonger eux-mêmes leurs emprunts, faire des suggestions d’achat…

L’OPAC 2.0 de Koha est très bien conçu, avec un volet « lecteur » très développé notamment pour la recherche «  recherche tous mots », possibilités de critères de recherches, création de paniers lecteurs, abonnement à des flux RSS…”

…….

Bambou : “Avez-vous des retours de vos utilisateurs ?”

Édouard Chevrel :“Nous avons pu remarquer que très peu de lecteurs connaissaient les possibilités de notre ancien SIGB en ligne. Il y a encore un gros travail pédagogique à effectuer vers nos usagers qui n’ont pas tous les réflexes d’utilisateurs liés à internet. Ainsi, depuis l’utilisation de Koha, nous communiquons beaucoup avec les lecteurs sur les nombreuses offres de notre nouveau système et nous les incitons fortement à se créer un compte.

Depuis mai, nous constatons un accroissement significatif des réservations et renouvellement en ligne de document, notre système de navette entre sites est de plus en plus sollicité. Ces nouveaux services sont donc très bien accueillis par nos usagers, malgré encore quelques ajustements en interne.”

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Bambou : “Quelles évolutions attendez-vous de Koha ?”

Édouard Chevrel :“Nous attendons de Koha de nouvelles fonctionnalités comme un approfondissement de l’OPAC en proposant une recherche par facettes, une liste incrémentée de nouveautés mais aussi des fonctionnalités qui manquent encore au niveau professionnel afin de faciliter le travail interne comme le changement automatique de statut dans les périodiques, une meilleure gestion des renvois d’autorités et une interface un peu plus conviviale serait la bienvenue !”

…….

Bambou : “Envisagez-vous de participer au développement fonctionnel du logiciel, de vous positionner comme un acteur-contributeur au sein de la communauté Koha ?”

Édouard Chevrel :“Ce n’est pas exclu, c’est principalement le but du libre, Il est cependant encore trop tôt pour se prononcer mais revenez dans un an le temps que nous nous approprions complètement Koha.

→ le réseau de la Beauvaisis en chiffres :

  • 6 structures
  • Surface totale des bâtiments : 5285m²
    • médiathèque centrale (3200m2)
    • 4 annexes (Saint Jean 680 m2, Argentine 429m2, Saint Lucien 630m2, Milly-sur-Thérain 200m2)
    • 1 relais livre (Saint Just 146m2)
  • Prêts / an : 260.000
  • Adhérents actifs : 8700
  • 150.000 visiteurs
  • Action culturelle (rencontres, expositions, lectures et ateliers…) : 15000 visiteurs /an”

voir l’OPAC du réseau de la Beauvaisis