Mutualiser les pratiques documentaires : bibliothèques en réseau

bao38_projet_0Au risque de faire de l’ombre aux tout derniers Goncourt, Femina, Renaudot et autres Pulitzer, je ne résiste pas à vous annoncer cet « A paraître » de La Boite à outils (Presses de l’enssib), qui traite d’une question Ô combien d’actualité dans nos métiers des bibliothèques et de la documentation, celle de la mutualisation des pratiques, des organisations et des services.

14 professionnels participent à cette contribution collective, soit autant de pistes de réflexion et de réalités de travail qui témoignent de la vitalité et de la diversité des formes de l’action mutualiste.

En voici la présentation liminaire, ainsi que le sommaire :

Dans un contexte marqué par des mutations profondes et accélérées du paysage culturel institutionnel, les acteurs des bibliothèques et de la documentation sont incités à repenser l’organisation de leurs activités dans un cadre et un esprit plus transversaux et mutualistes. En matière de pratiques documentaires, cet impératif de mise en commun, parfois facteur de tensions dans la restructuration nécessaire des établissements, offre aussi aux professionnels une opportunité pour renouveler leur environnement et leurs méthodes de travail.

Trois axes seront ici appréhendés, dans des réalités d’organisation et niveaux d’élaboration très divers : mutualiser en réseau d’établissements ; mutualiser en partage de contenus ; mutualiser en communauté d’acteurs.

Sommaire

Mode d’emploi, par Jérôme Pouchol

Partie I : Mutualiser en réseaux d’établissements

  • Mutualiser les acquisitions : un levier de mise en œuvre du projet de service du réseau des médiathèques de Plaine Commune, par Bertille Lambert
  • Pratiques mutualisées en réseau : de responsable documentaire à responsable de département, par Patrizio Di Mino
  • Pour une approche concertée du développement documentaire dans le réseau de la MD63, par Christelle Bonny
  • La mutualisation des pratiques documentaires au sein des établissements de la montagne Sainte-Geneviève, par Hélène Chaudoreille et Laurence Tarin
  • Conduire le changement en réseau : la trousse du mutualiste, par Muriel Coulon et Isabelle Martin

Partie II : Mutualiser en partage de contenus

  • Veille collaborative et politique documentaire, par Véronique Mesguich
  • Eurêkoi – il suffit de demander : vers un modèle de service public coopératif, par Silvère Mercier
  • Mutualiser les métadonnées d’autorité. L’exemple d’IdRef (Sudoc) comme projet de mutualisation de référentiels, par François Mistral
  • La mutualisation des contenus collaboratifs au service de la médiation en bibliothèque publique : le projet Babelthèque, par Pierre Frémaux

Partie III : Mutualiser en communauté d’acteurs

  • Le réseau Must : mutualiser dans une démarche d’intelligence collective, par Stéphane Chevalier
  • Mutualiser le SIGB : l’expérience Koha, par Pascale Nalon
  • Mutualisation des pratiques pédagogiques en milieu universitaire. La formation des doctorants et des enseignants-chercheurs, par Catherine Bertignac
  • Construire des services avec et pour la recherche : le projet DRIS, par Élise Chapoy
  • Candide, un chaudron, un pré et un vivier : un nouveau réseau social  professionnel, par Marie-Christine Jacquinet

Mémento, par Jérôme Pouchol

Glossaire

Index

Bibliographie

 

Publicités

Koha à Sulaimani

Koha libraryUne fois n’est pas coutume, ce retour d’expérience d’implantation de Koha ne nous vient pas d’une bibliothèque française mais de celle de Sulaimani, capitale de la Province d’As-Sulaymaniya, située au nord-est de l’Irak. Et ce, par la voix de Gaetan Boisson, chef de projet à la société BibLibre, missionné au printemps-été 2013 pour conduire cette entreprise inédite, manifestement passionnante à vivre, tant culturellement que professionnellement. Un grand merci donc à lui pour ce témoignage, que Bambou prend plaisir à diffuser auprès de ses nombreux lecteurs libristes et voyageurs.

Bambou : « BibLibre a été chargée d’installer Koha à Sulaimani, ce qui semble très inhabituel, pour ne pas dire exotique, dans votre activité de prestataire. Comment cette opportunité s’est-elle présentée ? »

G.Boisson : « En effet, inhabituel est un mot bien faible ! Le fait que BibLibre soit impliquée dans Koha depuis les balbutiements du projet n’y est certes pas pour rien… Même si bizarrement le lien était loin d’être direct. Un grand nombre de bibliothèques dans le monde utilisent Univ SoulaimaniKoha sans faire appel à aucun prestataire, et il y en a quelques unes en Irak. L’Université de Sulaimani a fait construire un campus entièrement neuf et très moderne. Cela comprenait la création d’une nouvelle bibliothèque, conçue pour accueillir 400 000 ouvrages et dotée des toutes dernières technologies (écrans tactiles, RFID, automates de numérisations, …). Le prestataire local (Mahmoud Jaff), qui avait vécu en Allemagne en tant que réfugié, a fait appel à un prestataire allemand pour l’ameublement, lequel a sollicité un consultant (Karl Wilhelm Neubauer) qu’il connaissait pour aider dans la gestion de la bibliothèque ; celui-ci a pris contact avec des membres de la communauté Koha en Allemagne et ce sont ces derniers qui nous ont recommandés ! »

Bambou : « Pouvez-vous nous décrire le contexte de cette bibliothèque, ses fonctions, caractéristiques… ? »

G.Boisson : « Il s’agit d’une grande bibliothèque universitaire, couvrant tous les sujets enseignés à l’Université de Sulaimani. A l’origine, elle était conçue pour ne pasUniversity Library of Sulemania faire de prêt et servir essentiellement d’espace de travail pour les étudiants et les professeurs. Mais au cours du projet, il est apparu bien plus intéressant de tirer parti de la RFID et de la ré-informatisation pour mettre en place la circulation des documents. Aujourd’hui, en plus d’offrir aux étudiants de vastes salles d’études, de mettre à leur disposition du matériel informatique, une connexion internet et un accès aux bases de données en ligne, elle leur permet donc également d’emprunter des documents pour travailler chez eux. »

Bambou : « Quel a été votre rôle pendant cette mission ? »

G.Boisson : « Je me suis rendu à deux reprises sur place. La première fois (avril 2013) afin de comprendre les besoins spécifiques des équipes et de les aider à prendre les bonnes décisions pour le paramétrage de Koha. Nous avons alors également passé beaucoup de temps à définir comment les données serEcriture kurdeaient récupérées dans Koha. A l’origine la bibliothèque utilisait une multitude de bases Access et de fichiers Excel pour gérer son catalogue. Il a donc fallu en centraliser un maximum afin de ne disposer que d’une seule base. Surtout, nous avons dû réfléchir à la gestion de la bi-bidirectionnalité du texte : le kurde s’écrit de droite à gauche, mais, comme en arabe, les chiffres s’écrivent de gauche à droite. En plus, comme on mélange en permanence différents systèmes d’écritures entre l’interface et les notices (parfois elles-même contenant plusieurs écritures), on travaille avec du texte qui peut changer de direction à tout moment. Il y avait donc quelques cas particuliers à gérer… Cela a d’ailleurs été l’un des aspects les plus passionnants de ce projet.
Lors de mon deuxième voyage (juin-juillet 2013), nous avons finalisé la mise en place du système, et formé les équipes. Entre-temps, nous avions travaillé sur la migration et j’avais coordonné le processus de traduction lancé par les équipes kurdes. Nous avions malheureusement gravement sous-estimé la quantité de travail et les délais étaient très courts avant la mise en production : à l’approche de la livraison, trois traducteurs se relayaient en faisant les trois huit pour finaliser le travail ! »

Bambou : « Où en est aujourd’hui le projet ? »

G.Boisson : « La bibliothèque a malheureusement eu, pendant longtemps, de lourds problèmes d’infrastructure qui ont empêché la bibliothèque de travailler dans Koha. Fort heureusement, depuis maintenant 2 mois, tous ces problèmes sont réglés et l’équipe a pu reprendre le travail ! La leçon que j’en retire reste malgré tout que dans les pays en situation de crise, il vaut mieux proposer une solution hébergée : cela permet à la bibliothèque de se concentrer sur son travail plutôt que d’avoir à régler des problèmes techniques. »

Bambou : « Les bibliothécaires de cet établissement souhaitent-ils s’investir dans la communauté Koha ? Quels sont leurs projets autour de Koha ? »

G.Boisson : « Ils s’y sont déjà fortement investis en produisant une traduction kurde d’une grande partie des interfaces ! Cela-dit, avec cette question, vous touchez à l’une de mes grandes préoccupations : comment intéresser plus de personnes ailleurs que dans les pays occidentaux à rejoindre la communauté et à participer au développement de Koha. Nous entendons en effet régulièrement parler de grands projets lancés autour de Koha par la Turquie, la Malaisie, mais leurs acteurs n’interagissent que rarement avec la communauté. Sans doute que ses codes, très occidentaux, voire nord-américains, ne sont pas faciles à appréhender partout, et nous-même, en tant que membres de la communauté, ne savons peut-être pas toujours répondre de façon adéquate à des requêtes formulées sur un mode sortant justement de ces codes. Toujours est-il que nous bénéficierions certainement beaucoup de l’opinion d’usagers venant de contextes aussi différents, mais nous n’avons que rarement l’occasion de les entendre. »

Bambou : « Que retenez-vous de cette expérience ? »

G.Boisson : « Comme toujours face à un contexte différent, l’équilibre entre la nécessité de très bien documenter toutes les décisions prises, la fermeté avec laquelle on tiendra la barre pour les faire appliquer et la flexibilité dont il faut faire Sulaimani 1preuve face à la vitesse et la légèreté avec laquelle elles sont remises en question sont essentielles ! Cela vaut bien sûr pour tous les projets. Enfin, ça c’est une réponse froide et professionnelle… Ce qu’en j’en retiendrai réellement, ce sera d’avoir rencontré des gens passionnés, qui ont donné une énergie incroyable pour ce projet et ont fait preuve d’une grande volonté pour améliorer l’accès à l’éducation et à la connaissance dans leur pays. Je pense notamment à Mme Shler Faraj qui a été investie à fond dans le projet et a beaucoup donné pour la modernisation de sa bibliothèque. Je me souviendrai surtout des conversations que j’ai pu avoir avec les différents acteurs du projet et parfois même leur famille, non pas sur notre travail, mais concernant l’histoire de leur peuple et leur situation si particulière. Ça a été une chance inestimable que de pouvoir les rencontrer et d’écouter leurs récits. »Kurdistan irakienSulaimani 2Sulaimani

le symposium Koha 2012 à la BULAC

Après la MIOP en 2010 et Lyon 2 en 2011, c’est au tour de la BULAC d’organiser le symposium Koha. Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire (et ce, jusqu’au 6 mai prochain) à ces 2 journées qui se dérouleront les 14 et 15 mai sur le site de la Bibliothèque Universitaire des Langues et Civilisations.

Au menu :

Lundi 14 mai 2012

  • 13h30 : Accueil général

  • 14h-17h30 : Ateliers

A. Cycle « débutants » : découverte du logiciel, mise en place d’un projet Koha

NB. Nombre de participants limité à 40.

  • 14h-14h45 : Présentation générale du SIGB KohaPascale Nalon et Jérôme Pouchol (association Kohala)
  • 14h45-16h15 : Retours d’expérienceLa parole sera donnée à 4 structures de type et de tailles différentes qui viennent de mettre en place un projet Koha.
  • 16h30-17h15 : Ateliers « bac à sable » – découverte en libre-service de Koha ; présentation par Paul Poulain.

B. Cycle « utilisateurs »: de nouvelles fonctionnalités développées pour Koha

  • 14h-15h30 : Développements du module d’acquistion Koha. Sonia Bouis (BU Lyon-3)
  • 17h15-18h : Koha à l’heure du RDA

Rencontre de prestataires autour de l’adaptation du SIGB Koha aux nouvelles normes catalographiques. Animation : Pascale Nalon (Bibliothèque de l’Ecole des Mînes-ParisTech). Liste des participants en cours.

  • 18h30 : Assemblée générale de l’association Kohala.

Mardi 15 mai 2012

  • 9h-9h30 : Visite facultative de la BULAC
  • 9h30-12h30 : Ateliers optionnels

Pendant toute la matinée, l’atelier « bac à sable » est en accès-libre.

A. « Install-Party » Koha

B. Ateliers à la carte

  • 9h30-11h30 : Module de bulletinage. Olivier Crouzet (BU Lyon-3)
  • 9h30-11h30 : Module de communication d’ouvrages en magasin. Émile Page (BULAC)
  • 11h45-12h30 : Intégration de Koha et de Babelthèque. Michel Étienne (Carré d’Art,ville de Nîmes) ; Jérôme Pouchol (Médiathèque Intercommunale Ouest-Provence).
  • 11h45-12h30 : Des versions mobiles pour Koha. Intervenant à confirmer. NB : atelier limité à 40 participants. 

12h30-14h : Buffet offert aux participants

14h-17h30 : Session plénière

  • 14h-15h : Démonstration de la version 3.8Futures from Koha (intégration SOLR, PostgreSql). Paul Poulain (Biblibre, release manager de la version 3.8).
  • 15h15-17h15 : Table-ronde. La question des montée de version et des intégrations de la version communautaire. Animation : Philippe Chabanon (Kohala). Participants : Pierre Angot (BU de Limoges), Sonia Bouis (BU Lyon-3), Claire Hernandez (Biblibre). Sous réserve : société Progilone, Bibliothèque francophone multimédia de Limoges.
  • 17h15-17h30 : Conclusions du symposium par l’association Kohala.

L’EBSI à la MIOP

Dans le cadre de leur très copieux voyage d’étude en France, nos collègues* de l’EBSI nous ont fait le plaisir de faire étape à Ouest Provence pour découvrir notre réseau intercommunal. Un moment de rencontre fort sympathique, mené tambour battant avec, au menu : l’intercommunalité culturelle, l’organisation du réseau Ouest Provence, le logiciel libre Koha, la Poldoc de la MIOP, la visite du théâtre de La Colonne et des médiathèques de Miramas et Cornillon.

Une journée relatée par les journalistes de la radio Maritima, dont voici l’article, accompagné d’une petite vidéo.

* 21 étudiants en maîtrise de sciences de l’information à l’EBSI, un cadre de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, une élue municipale responsable de la Culture et… l’infatigable Réjean Savard, professeur à l’EBSI

voir également la page Facebook consacrée spécifiquement à ce voyage d’étude

KohaCon 2010

A l’occasion des 10 ans de Koha, 3 jours de conférences et autres « hackfests » ont réuni, à Wellington (Nouvelle Zélande), de nombreux acteurs de la communauté internationale, et non des moindres : pères et mères fondateurs, pairs développeurs, actuels responsables de la 3.2, représentants des principales sociétés prestataires de service autour de Koha…

3 jours donc de travaux manifestement denses et composites, associant travelling historique, retours d’expériences, bilans techniques, réflexions stratégiques, regards prospectifs, et autres discussions sur l’organisation communautaire, le modèle de gouvernance, les principes participatifs

Alors ne manquez-pas les premiers rapports de ces rencontres, du témoignage « au fil de l’eau » de Paul Poulain aux premiers diaporamas diffusés sur le blog officiel de KohaCon 2010.

Et également ce très beau montage vidéo qui retrace, en 10 minutes, la première décennie de cette formidable construction communautaire du logiciel Koha

Savoir Solidaire.net

C’est le portail des bibliothécaires francophones (porté par l’association Bibliothécaires Sans Frontières) qui rassemble à la fois une communauté de professionnels (universitaires, bibliothécaires, fondations, journalistes, représentants de pouvoirs publics…) et une base de ressources sur les sujets suivants :

la bibliothèque
les documents
le public
la bibliothèque à l’heure du numérique
Autour de la bibliothèque

L’association Bibliothèques Sans Frontières a notamment pour missions l’Éducation formelle et informelle (création de bibliothèques scolaires et centres de documentation), l’accès à la lecture pour tous (constitution de collections, création de malles de livres, programmes d’appui au développement de la littérature francophone…) la protection du Patrimoine et des savoirs locaux, le combat contre l’illettrisme et le développement de l’accès à la lecture des populations marginalisées (= programmes France), des animations et plaidoyers (collectes ciblées, Ecole de la 2ème chance, Lire en fête…) ainsi qu’une plateforme internationale d’échange de collections d’ouvrages et de bibliothèques (Exchange Library Project).

Une page du portail est également consacrée à la question des dons de livres, en détaille les modalités pratique (voir le guide du don) et informe les donateurs des actions en cours à destination des pays en voie de développement.

L’association Bibliothèques Sans Frontières vous invite à participer, comme bénévole, à ses diverses actions en France (collecte, tri et catalogage des ouvrages ; logistique et accueil ; travail administratif ; recherches documentaires…) ou à l’étranger pour des missions exploratoires et des programmes de formation.

PS. Pour une prise en main rapide de la plateforme, laissez vous guider par Abir

Étudier et travailler à l’étranger

C’est le titre du nouveau dossier numérique, réalisé par Christiane Pumborios, responsable documentaire du domaine « Emploi-formation » du réseau de la MIOP.

Un dossier destiné aux futurs « expats », étudiants ou professionnels, dont peuvent également faire partie les bibliothécaires (même si les postes de coopération à pourvoir dans les médiathèques françaises à l’étranger se réduisent comme peau de chagrin…)

Répartition de la communauté française établie hors de France (Français inscrits au Registre au 31.12.2009)