La culture est-elle soluble dans l’ebook ? / Pierre Mounier

Après la communication de Dominique Cardon sur “les sociabilités numériques” puis celle de Thierry Baccino sur “la lecture numérique”, je ne saurais trop vous recommander d’écouter l’intervention de Pierre Mounier*, que nous avons eu le plaisir d’accueillir, le 29 novembre dernier, à la Médiathèque de Miramas. Cette communication a pour titre “La culture est-elle soluble dans l’e-book? Les enjeux de la métamorphose du livre à l’ère numérique”.

En voici le contenu synthétique :

“Presque 600 ans après l’invention de l’imprimerie, le livre connaît une nouvelle révolution technologique en se dématérialisant au sein des réseaux numériques. La montée en puissance des “liseuses” et “tablettes multimédia” annonce un tournant majeur dans l’histoire du livre. L’horizon est aujourd’hui un peu obscurci par, d’un côté les slogans marketing qui mettent en avant les avantages pratiques des nouvelles machines, et de l’autre les crispations luddites autour de la “sensualité du livre” et de l’“odeur du papier”. Pourtant, cette métamorphose du livre numérique porte d’autres enjeux, éminemment politiques. Car si le livre est un produit marchand, fruit d’une industrie spécialisée, il est aussi, et peut-être d’abord un vecteur privilégié de partage des savoirs et de l’expression artistique ; en un mot de la culture. Cette tension de l’économie et de la culture, cristallisée sous le terme problématique d’“industrie culturelle” est réactivée à l’occasion du passage du livre au numérique. Et c’est bien à la lumière de cette question qu’il faut décrypter tous les débats autour du prix du livre et de son mode de distribution, du “piratage” (ou partage ?) des œuvres, du rôle des acteurs traditionnels (éditeurs, libraires, bibliothèques) mais aussi nouveaux (moteurs de recherche, médias sociaux) de la chaîne du livre, de l’évolution des usages de lecture, et jusqu’aux formats d’encodage des ouvrages.”

…et la restitution audio-visuelle intégrale sur Bambou, avant diffusion sur l’espace professionnel du portail de la MIOP :

*Pierre Mounier est ingénieur d’études à l’EHESS où il anime un séminaire consacré aux humanités numériques avec Marin Dacos. Il est également directeur adjoint du Centre pour l’édition électronique ouverte CLEO/Revues.org.

Il est co-animateur de Blogo-Numericus (le blog du site Homo Numericus, dont il est le fondateur) .

→ Pour aller plus loin (ou à côté), voir aussi :

Les sociabilités numériques par Dominique Cardon

Dans le cadre d’un cycle* de conférences consacrées à la culture numérique, la MIOP a invité le sociologue Dominique Cardon**, pour une communication centrée sur les relations entre les usages des nouvelles technologies et les pratiques culturelles et médiatiques. Cette communication (passionnante !), réalisée en mars 2012 à l’auditorium de la médiathèque de Miramas, a été enregistrée sous forme audio-visuelle, en 2 parties. Bambou vous propose de la visionner dans son intégralité, avant diffusion sur l’espace professionnel du portail de la MIOP.

Les sociabilités numériques (1ère partie) / Dominique Cardon

Les sociabilités numériques (2ème partie) / Dominique Cardon
* Nos 2 prochaines conférences (septembre et novembre 2012):
– « Lecture numérique : réalité augmentée ou diminuée ? » / Thierry Baccino
– « La culture est-elle soluble dans l’ebook ? Les enjeux de la métamorphose du livre à l’ère numérique » / Pierre Mounier
**Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages de France Télécom R&D et chercheur associé au Centre d’étude des mouvements sociaux de l’École des Hautes Études en Sciences sociales  (CEMS/EHESS).

Plus Net l’oral

Parmi d’autres bonnes ressources disponibles en ligne, voici une petite sélection de contenus textes et vidéos susceptibles d’alimenter vos connaissances et réflexions sur le numérique (et consort), en vue des prochains oraux d’assistant de conservation et de bibliothécaire.

… et, cerise sur le gâteau, cette conférence vidéo (en 7 séquences : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) de Michel Serres sur “Les nouvelles technologies – révolution culturelle et cognitive

Ateliers deejaying (suite)

Voilà déjà 5 ans que la MIOP propose les ateliers deejaying au public, en collaboration avec l’association 2hd (Hip Hop développement). Ces ateliers sont réalisés par Pierre Fosco, actuel responsable documentaire des domaines “Jazz & blues” et “Chanson” et également (hors antenne médiathèque) animateur du magazine musical “Musikplease” .

Le hip hop est une forme dominante de la “culture jeune” qui va au delà des centres urbains. Cette action ambitieuse met à la portée du public toute une pratique, tout un univers centré sur les DJ’s.

Il s’agit pour une institution publique, comme la médiathèque, de revitaliser les savoirs et savoir-faire associés aux DJ’s. Cela permet d’affirmer la reconnaissance de ce qui est d’avantage une culture qu’un genre musical. Parler de cette culture, de cet art, c’est bel et bien entrer dans l’univers des jeunes (et au-delà bien sûr, si affinités).

L’animation deejaying s’adresse ainsi à tous les publics mais “capte” plus particulièrement ceux des collèges (du réseau intercommunal), des centres sociaux ou encore des associations locales de ré-insertion. Tout en se familiarisant avec le vocabulaire technique et historique associé aux platines, les participants ont également la possibilité de pratiquer le scratch et le mix, une activité qui se révèle vite dynamisante et source d’échange.

A la fois culturel et ludique, l’atelier offre au final un voyage dans l’histoire de ces nombreuses influences musicales qui ont constitué le rap et les musiques électroniques, au sens large. Des racines afro-américaines aux humanoïdes Daft Punk, le “dj hero” supplante ainsi, peu à peu, le “guitar hero” .

voir les tags “dj” et “djing” de notre catalogue

Diffusion et utilisation des TIC en France et en Europe en 2009


Le dernier numéro de la collection « Culture chiffres » du DEPS fait le point sur l’équipement et les usages numériques des ménages français et européens en 2009.

→ Consulter l’étude

… ou le résumé :  « Issue de l’enquête européenne « TIC – Technologies de l’information et de la communication », l’exploitation des données pour la France permet de comparer l’équipement informatique et les usages numériques des Français par rapport à leurs voisins européens. Si l’utilisation quotidienne d’un ordinateur et l’accès à l’internet concernent désormais plus d’un Français sur deux, l’âge et le sexe restent des critères discriminants pour l’usage des nouvelles technologies : les hommes y ont plus recours que les femmes, les jeunes plus que leurs aînés. La communication (messagerie) et les loisirs culturels font partie des activités préférées des usagers de l’internet, tandis que le commerce en ligne et les services, notamment bancaires, se développent depuis 2006. Le déploiement des pratiques nomades est encore émergent.
Au plan européen, l’écart est net entre les pays du Nord, fortement équipés et familiers des usages numériques, et les pays du Sud, où l’équipement numérique est plus récent. »

les métamorphoses numériques du livre

Pour celles et ceux qui n’ont pas assisté au colloque organisé par l’Agence régionale du livre PACA les 30 novembre et 1er décembre 2009, la revue Dazibao publie les actes (synthétiques) de ces 2 journées dont voici, en raccourci, les différentes contributions :

un serious game d’éducation critique aux médias

Internet Sans Crainte est un programme national de sensibilisation des jeunes aux bons usages de l’internet. Il propose notamment un quizz, un clip de sensibilisation (conçu par la CNIL) et également ce jeu en série, destiné aux 12-16 ans, qui les incite à porter un regard critique sur leurs différents usages des technologies en ligne et des téléphones mobiles.

…et qui commence ainsi : « En 2025, les réseaux sont saturés d’informations, dont certaines que l’on préférerait voir oubliées. Un puissant logiciel de récupération, proposé par le site denicheur.net, permet à tout un chacun de faire remonter à la surface ces traces du passé. Fred, Anais et bien d’autres voient ainsi leur vie chamboulée. Vous êtes NetDetectives, ils vous appellent à l’aide… »

Voir également, sur vosquestionsdeparents, ce petit reportage, réalisé à l’occasion de la journée européenne Safer Internet Day (le 9 février dernier), et dans lequel quatre enfants et une enseignante de français nous expliquent ce qu’ils font sur Facebook et autres réseaux sociaux.

Olivier Donnat répond à Bambou

A l’occasion de la parution de la 5ème enquête du DEPS sur « Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique »* (La Découverte, Ministère de la Culture et de la Communication, 2009), et après Le Monde, Télérama, France Culture et Livre Hebdo, Olivier Donnat** a très aimablement accepté de répondre aux questions de Bambou.

Bambou : Au sujet de la lecture, vous constatez que « chaque nouvelle génération arrive à l’âge adulte avec un niveau d’engagement dans la lecture inférieur à la précédente » et, dans un même temps, vous observez une augmentation de la lecture dite « de consultation ». Ces nouveaux « actes de lecture », dont les cognitivistes et les neurobiologistes soulignent l’importance et la complexité de la transformation (de la désorientation cognitive à la construction de son propre chemin de lecture…), ne rendent-ils pas, en la matière, l’examen socio-statistique difficile, voire inopérant ?

Olivier Donnat : Il n’a jamais été facile de rendre compte des évolutions en matière de lecture dans la mesure où il s’agit certainement de la plus polymorphe des pratiques culturelles : diversité des contenus, des supports, des manières de lire…La multiplication des actes de lecture sur écran au cours de la dernière décennie n’a fait qu’accentuer les difficultés du sociologue qui s’efforce de quantifier la réalité de la lecture : comment les personnes interrogées  comprennent-elles l’expression « lire un livre » ? Comment procèdent-elles exactement pour évaluer le nombre de livres qu’elles ont lues au cours des 12 derniers mois ? Ces interrogations obligent à la plus grande prudence au moment d’interpréter les chiffres recueillis en situation d’enquête et notamment à ne pas oublier que la lecture de livres ne représente qu’une petite partie des actes de lecture (ceci est encore plus vrai pour la lecture de littérature…). Ainsi, si les résultats d’enquête montrent que la proportion de lecteurs de quotidiens (payants) ou la quantité de livres lus baissent, on ne peut pas déduire avec certitude que les Français lisent moins, compte tenu de l’arrivée, au cours de la même période, de la presse gratuite et surtout de la multiplication des actes de lecture sur écran.

………

Bambou :On observe de plus en plus que l’activité culturelle, à l’ère numérique, se pratique aussi bien à distance (offres numériques de la médiathèque, visites virtuelles du musée, conférences podcastées, concert en streaming…) qu’en « présentiel ». Comment les enquêtes du DEPS peuvent-elles, ou pourront-elles, identifier et mesurer une telle hybridation de l’offre et des usages ?

Olivier Donnat : La dernière enquête sur les pratiques culturelles accorde une large place aux usages numériques : elle comporte un important volet sur les différentes utilisations qui peuvent être faites de l’ordinateur et de l’internet pendant son temps libre, mais il faut bien reconnaître qu’il est difficile d’avoir une représentation globale des usages actuels du numérique. Les travaux monographiques sur certains sites comme Wikipedia ou certains types d’usages se développent sans qu’il soit toutefois possible d’appréhender l’infinie diversité des usages et surtout la manière dont ils s’articulent avec les pratiques culturelles traditionnelles. Le recul nous fait aujourd’hui défaut pour apprécier la portée réelle des mutations que nous sommes en train de vivre et, dans une certaine mesure, d’inventer : n’oublions pas que Facebook ou Google n’existent que depuis quelques années !

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que l’arrivée du numérique constitue un réel problème pour tous ceux qui mènent des enquêtes quantitatives, du type de Pratiques culturelles. En effet, le caractère multimédia de la culture numérique où textes, images et musiques sont souvent imbriqués, et plus encore la nature même d’internet, « média à tout faire » permettant de s’informer sur l’actualité culturelle, d’écouter de la musique, de visiter une exposition en ligne, de lire la presse, de regarder des programmes télévisés ou d’écouter des émissions de radio mais aussi de diffuser et de partager ses propres productions, mettent à mal l’organisation générale de l’enquête qui reposait sur un découpage par média ou par type de support.

Il y a peu de temps encore, la plupart des activités relevant du champ de l’enquête étaient étroitement associées à un média ou à un support physique : lire renvoyait aux livres ou à la presse imprimée, écouter de la musique aux disques et cassettes, regarder un programme télévisé au petit écran, voir un tableau aux musées, jouer de la musique à un instrument, etc… Dès lors, il suffisait d’aborder tour à tour les différents médias, supports et lieux culturels pour faire le tour de l’ensemble des modes d’accès à l’art et la culture. Or, un tel découpage domaine par domaine est devenu en partie caduc du fait de la dématérialisation des contenus et de la généralisation des appareils nomades (micro, téléphones, lecteur MP3, ..). En un mot, rares sont désormais les pratiques culturelles qui se laissent facilement réduire à l’équation simple de naguère : une activité = un contenu ou un programme + un support ou un média + un lieu et un moment.

………

Bambou : La distinction entre une « culture classique » et une « culture moderne », qui s’est substituée à l’opposition « culture cultivée / culture de masse », est-elle encore pertinente ? Peut-on pour autant affirmer que ce sont désormais, à l’ère numérique, les seuls itinéraires culturels individuels qui structurent, déstructurent ou restructurent le rapport à l’art et à la culture ?

Olivier Donnat : L’opposition culture cultivée/culture de masse n’a pas perdu toute pertinence, loin s’en faut. Les résultats d’enquête viennent à bien des égards confirmer les analyses de Bourdieu et notamment le constat établi dès les années 60 d’une forte corrélation entre le niveau de diplôme et le niveau d’engagement dans la culture : la fréquentation des équipements culturels, notamment, continue à faire apparaître d’importants écarts selon le niveau de diplôme ou de revenu des personnes ou leur lieu d’habitation. Mais en même temps, nombreux sont les autres facteurs dont l’influence peut être déterminante en matière de pratiques culturelles : position dans le cycle de vie et situation familiale, appartenance de genre, influence du conjoint ou du réseau de sociabilité et surtout appartenance générationnelle

………

Bambou : Au regard, notamment, de la dominante affinitaire des pratiques du web (avec l’essor, entre autres, des forums web et des sites communautaires), existe t-il encore une correspondance stricte entre la position sociale des individus et leurs rapports à la culture ?

Olivier Donnat : Incontestablement, les progrès considérables de la scolarisation et de la mobilité, la montée en puissance des industries culturelles et des médias depuis les années 80 et, plus récemment, l’arrivée du numérique ont profondément modifié les conditions d’accès à l’art et à la culture et brouillé les rapports d’homologie décrits par la sociologie de la légitimité culturelle. Mais la logique du cumul reste souvent dominante dans le domaine culturel : la culture a tendance à aller à la culture, comme l’argent va à l’argent, si bien que les milieux favorisés ont été les premiers à profiter de la diversification de l’offre culturelle et des nouveaux moyens d’accès à la culture ; ils ont largement intégré les écrans dans leur univers culturel sans modifier radicalement leurs habitudes, notamment en matière de fréquentation des lieux de spectacle ou d’exposition.

De même que les amateurs d’Arte ou des émissions culturelles à la radio ou à la télévision sont souvent des habitués des théâtres et des musées, les internautes amateurs de sites culturels fréquentent plus les équipements que la moyenne. De ce fait, le développement de la « culture à domicile » a jusqu’à présent surtout permis aux personnes ayant un intérêt pour l’art et la culture de diversifier leur univers culturel en cumulant les modes d’accès.

………

Bambou : Au fond, les pratiques culturelles aujourd’hui n’obligent-elles pas les acteurs culturels institutionnels à accepter (fut-ce au prix d’un certain désenchantement) le principe de réalité : réalité d’un public au pluriel (plutôt qu’au singulier), aux comportements « zappeur » (plutôt que permanent), polymorphes (plutôt qu’homogène), multi-personnel (plutôt que « cohérent »), en somme un public réel (plutôt qu’idéal) ?

Olivier Donnat : Je crois en effet que la révolution numérique oblige à repenser la question de la démocratisation et à réviser un certain nombre de représentations à travers lesquelles les médiateurs culturels pensaient la question du public. En effet, le numérique et les moyens de communication d’aujourd’hui (et plus encore de demain) offrent aux établissements la possibilité d’enrichir considérablement leur offre en proposant une palette diversifiée de services «à distance», et donc de toucher de nouveaux publics au delà des cercles de leurs habitués, tout en engageant avec eux un dialogue permanent et interactif. Cette nouvelle donne contribue par conséquent à décentrer la question des publics en l’étendant à celle de l’ensemble des usagers, qu’ils viennent en personne ou non dans l’établissement, obligeant à considérer les équipements culturels d’un regard neuf : les bibliothèques, les musées mais aussi les lieux de spectacle vivant, s’ils restent bien entendu les lieux privilégiés de la confrontation directe aux œuvres et aux artistes, sont aussi de plus en plus appelés à devenir des centres de ressources et des prestataires de services à distance, surtout bien entendu quand ils disposent de richesses susceptibles d’être numérisées.


* Voir, en ligne,  les éléments de synthèse, les résultats chiffrés, le questionnaire et la méthodologie de l’enquête.

**Olivier Donnat est sociologue au Département des Études, de la Prospective et des Statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication. En plus d’avoir dirigé les précédentes enquêtes sur les pratiques culturelles des Français, il est notamment l’auteur de : Les Français face à la culture. De l’exclusion à l’éclectisme (La Découverte, 1994), de Les amateurs : Enquête sur les activités artistiques des Français (La Documentation française, 1998) et de Regards croisés sur les pratiques culturelles (La Documentation française, 2003).

les pratiques culturelles des jeunes : études et vidéos…

A lire, par Sylvie Octobre, la dernière étude du DEPS (Département des Etudes, de la Prospective et des Statistiques), intitulée : « Pratiques culturelles chez les jeunes et institutions de transmission : un choc de cultures ?« 

Et dont voici le résumé, pour les petits paresseux :

« Avec la révolution numérique, les usages culturels évoluent, particulièrement dans les générations des digital natives, jeunes familiers des technologies de l’information et de la communication. Pour autant, les nouveaux usages culturels des jeunes (10-24 ans) ne sont pas exclusifs : les pratiques artistiques amateurs, la fréquentation des équipements culturels et la consommation médiatique se maintiennent auprès des jeunes générations où l’usage de l’internet apparaît lié à un intérêt plus global pour la culture et l’information. Le genre, l’âge et l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle demeurent des variables significatives. C’est du côté des instances de transmission – la famille, l’école et les institutions culturelles – que les évolutions sont les plus notables : celles-ci interrogent les instances de transmission (famille, école, équipements culturels) à repenser leurs modes d’action, qu’il s’agisse de transmission familiale, du lien entre culture et savoir ou encore de médiation. »

En complément, cette série de 3 vidéos, fort instructives, intitulées « visions of students »

Et pour finir le parcours, ce dossier du Monde Informatique sur les « Digital natives », destinés à bouleverser l’entreprise…

Génération « Myspace »

Si vous avez une vieille tante « réact » qui vous dit que « la jeunesse, c’est plus ce que c’était » et que les ados d’aujourd’hui consomment passivement de la musique, vous pourrez toujours la renvoyer vers la lecture d’une étude britannique menée par l’Université d’Hertfordshire et la British Music Rights.

Les jeunes n’ont jamais été aussi passionnés de musique qu’aujourd’hui : ils y consacrent 6 heures par jour, 16 % de leur budget et se rendent massivement aux concerts. Les choix musicaux font l’objet d’échanges de recommandations entre amis, famille et internautes. Chacun possède environ une centaine de disques et n’hésite pas à les prêter. 90% d’entre eux détiennent un lecteur MP3 riche de 1770 fichiers acquis pour plus de la moitié de façon illégale mais 80% se déclarent prêts à payer un service de partage légal et 60 % désirent continuer à acheter des CD (mais écoutent gratuitement avant acquisition).

La génération ado se forme avec la musique. Si le lien ne se fait plus seulement autour de l’objet tel que le CD, la musique reste une valeur forte, porteuse de liens et de culture dans une relation émotionnelle de partage et de re-connaissance où l’expérimentation, l’évaluation et la recommandation, facilitées par les nouvelles technologies, sont devenues prépondérantes.

Lire l’intégralité de l’étude

Lecture jeune, mars 2008

Cultures adolescentes Cultures adolescentes : tel est le thème du n° 125, mars 2008 de la revue Lecture Jeune qui publie les Actes de la journée d’étude du 13 nov 2007 organisée par Lecture Jeunesse sur les pratiques culturelles des 15-20 ans. Voici le sommaire. Un article, par exemple, pose la question tant de fois débattue chez les bibliothécaires : Attention livres ! Quelle offre pour les adolescents qui n’aiment pas lire ?

En plus du dossier principal, les rubriques habituelles : recensions de romans, documentaires et bandes dessinées et aussi des propositions de formations.

Cette revue est disponible dans les médiathèques de Miramas, Istres et Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Pratiques culturelles, jeunes générations et Internet

Une étude du Ministère de la Culture s’intéresse aux liaisons entre pratiques culturelles et pratiques numériques parmi les jeunes générations. On apprend notamment, dans la synthèse réalisée par l’ARPEJ, qu’en terme de fréquentation des équipements culturels : «la proportion d’internautes augmente régulièrement avec le rythme de pratique tant dans le cas des théâtres, des concerts que des musées ou des expositions. Paradoxe, bien que lié à domicile, Internet apparaît plutôt lié à la « culture de sortie », pratiquée volontiers par les jeunes diplômés.»

Aller voir aussi le n° 125, mars 2008 de Lecture jeune sur les lectures adolescentes.

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