Nos (nouvelles) sélections du web

Les bibliothèques de liens des 50 responsables documentaires du réseau Ouest Provence ont été entièrement revues : des sélections plus fines, commentées, taggées et restructurées par catégories.

Alors, au hasard, allez visiter nos sélections BD, Langues, Informatique, Vie politique, Pop-Rock & Electro, AlbumsSanté ou encore Loisirs créatifs.

NB. Notons au passage que cette base de ressources est, après le catalogue, la page la plus consultée du portail de la MIOP

ma vie-écologique et mon voyage sur le web

C’est le titre des 2 derniers dossiers documentaires numériques, réalisés respectivement par Laure Pabot, chef du département Société et Civilisation et par Nadine Ménouret, responsable documentaire du domaine Géographie-Voyage.

Ma vie éco-logique et Mon voyage sur le web ont été particulièrement conçus pour servir de support aux nouveaux ateliers web thématiques (qui comprennent aussi « le web en cuisine » et « ma santé sur le web »), mis en service en ce début d’année 2010 sur les médiathèques du réseau Ouest Provence.

Et pour vous mettre en appétit, voici, en raccourci, les textes introductifs de ces 2 dossiers :

Ma vie écolo-gique : « Face à l’urgence environnementale et une certaine impuissance des relais traditionnels d’information et d’éducation à la relayer, la penser et l’analyser (presse, édition, enseignement, …) le Web joue à plein son rôle de média alternatif. Portés par un engouement croissant, les sites d’information verte se multiplient. Ils sont de nature très diverse : scientifique, politique, pratique et sont actuellement la principale source d’information sur le sujet. Leur foisonnement révèle en tout cas un intérêt exponentiel pour le sujet.
Ce dossier vient en appoint des ateliers Web « Ma vie éco-logique » conduits à la Médiathèque Intercommunale Ouest Provence. Il est centré sur l’écologie pratique et l’éco-citoyenneté. Comment chercher et trouver rapidement sur Internet les réponses aux nombreuses questions que l’on peut se poser sur l’écologie et l’environnement ? Quels sont les sites les plus fiables et les plus intéressants en matière d’éco-consommation, d’éco-construction, de jardinage biologique ? Enfin comment évaluer l’impact de nos déplacements sur la planète et calculer son empreinte écologique ? »

Mon voyage sur le web : « Les pratiques des Français en matière de voyage ont beaucoup changé ces dernières années. Aux longues vacances répétées en un même lieu ont succédé des séjours plus courts, plus variés, souvent thématiques.
Parallèlement, le voyage a pleinement investi la sphère du Web : plus d’un internaute sur deux a acheté un voyage en ligne au cours de l’année 2008. Les nouvelles possibilités offertes par le Web 2.0 ont encore amplifié le phénomène : échange d’informations, possibilité de donner son avis, d’évaluer un prestataire, de créer son carnet de voyage…
Face à ces formidables évolutions, l’écueil reste la difficulté de choix parmi les milliers de sites proposés ainsi que la fiabilité de l’information. Pour vous aider à naviguer au mieux vers la destination rêvée, nous vous proposons une sélection d’outils et de sites qui seront autant d’escales pour préparer au mieux votre voyage : des annuaires, des guides en ligne, des carnets de voyage, des forums… Bonne route ! »


NB. Aux amateurs ou spécialistes de ces questions, les commentaires avisés et autres compléments d’info sont les bienvenus !

SMS vs lecture : une idée reçue ?

Bambou relaie cette veille de l’Expresso (chapitre « La recherche ») du 24 janvier sur une étude menée par l’Université de Coventry et qui analyse l’impact du langage SMS sur le niveau de lecture des jeunes de 8 à 12 ans.

Des conclusions qui doivent créer quelque remous dans les salles de profs…

« Si nous voyons un déclin du niveau en lecture des jeunes enfants ce n’est pas à cause des SMS mais en dépit d’eux ». Professeur à l’Université de Coventry, le docteur Clare Wood estime que les SMS entraînent les enfants à jouer avec les mots. Et ça c’est bon pour la lecture. Selon une étude sur une soixantaine d’élèves l’apprentissage de la littéracie est plus rapide chez les utilisateurs de SMS « .

Voir l’article sur BBC News

A lire également, ce petit billet (toujours de l’Expresso) qui renvoie à l’étude (« Learning 2.0 : the Impact of Web 2.0 Innovations on Education and Training in Europe ») menée en 2009 par la Commission européenne, disponible pour l’instant en anglais.

un arbre à perles

C’est quoi donc ? Et à quoi ça sert ?

Prenons un exemple, imaginons un bibliothécaire que nous nommerons… Jérôme.

Régulièrement, sur Bambou, Jérôme publie des billets concernant, par exemple, le logiciel libre.

Ces billets font parfois référence aux précédents billets portant sur le même sujet ou bien pointent vers des liens externes. Si le sujet vous intéresse, il vous faudra donc cliquer sur le tag correspondant puis revisiter les pages de Bambou une à une, cliquer sur les liens menant vers de nombreux sites extérieurs, qui vous mèneront eux-mêmes vers d’autres sites, fermer des fenêtres, en ouvrir, se souvenir où était le lien précédent…ce qui, il faut le reconnaître, peut devenir fort complexe et pénible.

Grâce à Pearltrees, chacun peut organiser SON Internet et le partager.

Ainsi, ceux qui liront Jérôme, auront la possibilité de visualiser d’un seul coup d’œil l’ensemble des dossiers et des liens retenus et d’y accéder. D’autre part, et c’est ce qui fait la force de cette application, il est possible de retrouver d’autres utilisateurs partageant les mêmes centres d’intérêts, de consulter leur pearltree et d’y grappiller les liens intéressants..

Comment ça marche?

Pearltrees propose une interface esthétique et ludique, constituée de perles (correspondant à un lien vers une adresse url) reliées entre elles.

Il est donc possible de créer une arborescence de répertoires de favoris ; des arbres et des sous-arbres constitués de grappes de liens.

Comme avec Delicious, Pearltrees permet de partager ses bookmarks en ligne, mais offre bien d’autres services.

Outre l’aspect graphique (ici un exemple consacré à l’architecture, et un autre consacré au logiciel libre), cette application offre l’opportunité de « faire son marché » au fur et à mesure de la consultation. En effet, on peut glisser/déposer des perles dans une barre temporaire, et les ajouter à son propre arbre avec la même facilité.

A cela s’ajoute également des fonctions de réseau social, permettant de visualiser les connexions (utilisateurs et branches) et d’aller directement les explorer, y laisser des commentaires ou participer à une discussion et diffuser tout cela via Twitter ou Facebook.

L’autre finalité de Peartltrees étant l’échange, il est possible pour chaque perle d’un pearltree de voir à quel(s) autre(s) pearltree(s) la perle est attachée et là encore d’y faire son marché et de capturer les ressources intéressantes.

Enfin, dernier atout de cette application, la fonctionnalité « Voir » qui permet, pour le visiteur, une lecture organisée des sites sélectionnés, dans l’ordre déterminé par le concepteur du pearltree, et qui n’est pas sans rappeler celle que l’on retrouve lorsqu’on feuillette un livre.

Au final, une application encore en version Bêta, mais très prometteuse et qui, à l’image de Netvibes, devrait séduire les professionnels de l’info-doc.

NB. Billet signé… Thierry

le blog d’un prof geek

Vous êtes enseignant (ou bibliothécaire-pédago) ? résolument tourné TICE …mais vous avez besoin d’un bon veilleur-conseiller-tuteur ?

Alors, le blog du profgeek, alias Fabrice Gély, est fait pour vous !

Vous apprendrez ainsi à créer un site web en quelques minutes, un cahier de texte sur internet en quelques clics, une salle de tchat temporaire, un quizz en ligne , des bandes dessinées sans dessiner, ou encore un vidéoblog pour publier les vidéos de vos élèves.

Vous saurez également comment convertir un diaporama en animation flash ou un fichier pdf en fichier Word/OpenOffice, comment publier des fichiers sonores (voix, musique, reportage…) sur votre site ou blog ou encore détecter les plagiats.

Enfin, parmi ces multiples conseils, recommandations et autres tutoriels, on retiendra cette présentation de Google wave, outil manifestement « prometteur pour l’éducation ».

Et, au fait, connaissez-vous des exemples d’établissements scolaires qui utilisent Twitter ? Et quelle est la liste des musées et monuments d’accès gratuit pour les enseignants et les jeunes de moins de 26 ans ?

semaine du son

Du 18 au 24 janvier c’est la « Semaine du son »

Depuis 2004, cette manifestation nationale est organisée dans 40 villes par 60 structures dans plus de 80 lieux ou sites sur toute la France.
L’acoustique des lieux publics, les cris dans les cours d’écoles, le bruit des centres commerciaux, des gares, tout cela impose aujourd’hui un son amplifié sur nos smartphones, radio, télévision, ordinateurs… Partout, les sons enregistrés sont désormais compressés pour émerger du bruit environnant.
C’est une course à la saturation à laquelle on s’habitue insidieusement et l’on se surprend à parler fort, jouer fort et augmenter sans cesse le volume de nos appareils.
La Semaine du Son, créée à l’initiative de professionnels du son (musiciens, ingénieurs du son, acousticiens,médecins spécialistes), tente chaque année d’améliorer la connaissance du son par le grand public et le sensibiliser aux risques encourus.
Ce sont, cette année encore, près de 200 conférences, ateliers, concerts, projections, accompagnés de nombreuses actions pédagogiques qui se dérouleront dans les 40 villes associées à cet évènement.

Nouveautés fonds pro 2009

Voici la liste des nouveautés achetées en 2009 pour le fonds  professionnel des Médiathèques Ouest-Provence. En cliquant sur les titres, vous accédez directement à l’OPAC de la Médiathèque.

Koha : la carte du monde

Bambou relaie ce travail réalisé par Marshall Breeding (qui maintient la base de données libwebcats) et diffusé par Jean André sur le blog Biblibre. Une carte qui donne un bon aperçu à la fois de la portée internationale de Koha et de l’éventail des établissements qui l’utilisent (en rouge = les bibliothèques publiques ; en vert = les bibliothèques d’étude ; en bleu = les bibliothèques spécialisées, centres de documentation…).

Lib-web-cat (en version avancée) vous permet également, en lançant une requête (renseigner le champ « Library type » + « Country » et saisir « Koha » sur le champ « Current Automation System »), de dresser une liste des bibliothèques utilisatrices de Koha dans le pays qui vous intéresse. Pour la France, on apprend ainsi que Koha est utilisé par des structures très diverses, telles que l’association Primo Levi, la bibliothèque Diocésaine de Chambery, la bibliothèque de l’INHA l’Ecole des Chartes, la bibliothèque du laboratoire de Physique Corpusculaire, ou encore (cela ne s’invente pas et avec du souffle !), la médiathèque de saint projet, de la Communauté de Communes du Quercy-Rouergue et Gorges de l’Aveyron. Autant de collègues que la MIOP espère accueillir à son prochain  symposium Koha !

Et bien sûr, chaque nouveau (ou plus très nouveau, n’est-ce pas Montauban ;) !) membre de la communauté Koha peut ajouter ses références sur la carte, en renseignant ce formulaire.

Olivier Donnat répond à Bambou

A l’occasion de la parution de la 5ème enquête du DEPS sur « Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique »* (La Découverte, Ministère de la Culture et de la Communication, 2009), et après Le Monde, Télérama, France Culture et Livre Hebdo, Olivier Donnat** a très aimablement accepté de répondre aux questions de Bambou.

Bambou : Au sujet de la lecture, vous constatez que « chaque nouvelle génération arrive à l’âge adulte avec un niveau d’engagement dans la lecture inférieur à la précédente » et, dans un même temps, vous observez une augmentation de la lecture dite « de consultation ». Ces nouveaux « actes de lecture », dont les cognitivistes et les neurobiologistes soulignent l’importance et la complexité de la transformation (de la désorientation cognitive à la construction de son propre chemin de lecture…), ne rendent-ils pas, en la matière, l’examen socio-statistique difficile, voire inopérant ?

Olivier Donnat : Il n’a jamais été facile de rendre compte des évolutions en matière de lecture dans la mesure où il s’agit certainement de la plus polymorphe des pratiques culturelles : diversité des contenus, des supports, des manières de lire…La multiplication des actes de lecture sur écran au cours de la dernière décennie n’a fait qu’accentuer les difficultés du sociologue qui s’efforce de quantifier la réalité de la lecture : comment les personnes interrogées  comprennent-elles l’expression « lire un livre » ? Comment procèdent-elles exactement pour évaluer le nombre de livres qu’elles ont lues au cours des 12 derniers mois ? Ces interrogations obligent à la plus grande prudence au moment d’interpréter les chiffres recueillis en situation d’enquête et notamment à ne pas oublier que la lecture de livres ne représente qu’une petite partie des actes de lecture (ceci est encore plus vrai pour la lecture de littérature…). Ainsi, si les résultats d’enquête montrent que la proportion de lecteurs de quotidiens (payants) ou la quantité de livres lus baissent, on ne peut pas déduire avec certitude que les Français lisent moins, compte tenu de l’arrivée, au cours de la même période, de la presse gratuite et surtout de la multiplication des actes de lecture sur écran.

………

Bambou : On observe de plus en plus que l’activité culturelle, à l’ère numérique, se pratique aussi bien à distance (offres numériques de la médiathèque, visites virtuelles du musée, conférences podcastées, concert en streaming…) qu’en « présentiel ». Comment les enquêtes du DEPS peuvent-elles, ou pourront-elles, identifier et mesurer une telle hybridation de l’offre et des usages ?

Olivier Donnat : La dernière enquête sur les pratiques culturelles accorde une large place aux usages numériques : elle comporte un important volet sur les différentes utilisations qui peuvent être faites de l’ordinateur et de l’internet pendant son temps libre, mais il faut bien reconnaître qu’il est difficile d’avoir une représentation globale des usages actuels du numérique. Les travaux monographiques sur certains sites comme Wikipedia ou certains types d’usages se développent sans qu’il soit toutefois possible d’appréhender l’infinie diversité des usages et surtout la manière dont ils s’articulent avec les pratiques culturelles traditionnelles. Le recul nous fait aujourd’hui défaut pour apprécier la portée réelle des mutations que nous sommes en train de vivre et, dans une certaine mesure, d’inventer : n’oublions pas que Facebook ou Google n’existent que depuis quelques années !

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que l’arrivée du numérique constitue un réel problème pour tous ceux qui mènent des enquêtes quantitatives, du type de Pratiques culturelles. En effet, le caractère multimédia de la culture numérique où textes, images et musiques sont souvent imbriqués, et plus encore la nature même d’internet, « média à tout faire » permettant de s’informer sur l’actualité culturelle, d’écouter de la musique, de visiter une exposition en ligne, de lire la presse, de regarder des programmes télévisés ou d’écouter des émissions de radio mais aussi de diffuser et de partager ses propres productions, mettent à mal l’organisation générale de l’enquête qui reposait sur un découpage par média ou par type de support.

Il y a peu de temps encore, la plupart des activités relevant du champ de l’enquête étaient étroitement associées à un média ou à un support physique : lire renvoyait aux livres ou à la presse imprimée, écouter de la musique aux disques et cassettes, regarder un programme télévisé au petit écran, voir un tableau aux musées, jouer de la musique à un instrument, etc… Dès lors, il suffisait d’aborder tour à tour les différents médias, supports et lieux culturels pour faire le tour de l’ensemble des modes d’accès à l’art et la culture. Or, un tel découpage domaine par domaine est devenu en partie caduc du fait de la dématérialisation des contenus et de la généralisation des appareils nomades (micro, téléphones, lecteur MP3, ..). En un mot, rares sont désormais les pratiques culturelles qui se laissent facilement réduire à l’équation simple de naguère : une activité = un contenu ou un programme + un support ou un média + un lieu et un moment.

………

Bambou : La distinction entre une « culture classique » et une « culture moderne », qui s’est substituée à l’opposition « culture cultivée / culture de masse », est-elle encore pertinente ? Peut-on pour autant affirmer que ce sont désormais, à l’ère numérique, les seuls itinéraires culturels individuels qui structurent, déstructurent ou restructurent le rapport à l’art et à la culture ?

Olivier Donnat : L’opposition culture cultivée/culture de masse n’a pas perdu toute pertinence, loin s’en faut. Les résultats d’enquête viennent à bien des égards confirmer les analyses de Bourdieu et notamment le constat établi dès les années 60 d’une forte corrélation entre le niveau de diplôme et le niveau d’engagement dans la culture : la fréquentation des équipements culturels, notamment, continue à faire apparaître d’importants écarts selon le niveau de diplôme ou de revenu des personnes ou leur lieu d’habitation. Mais en même temps, nombreux sont les autres facteurs dont l’influence peut être déterminante en matière de pratiques culturelles : position dans le cycle de vie et situation familiale, appartenance de genre, influence du conjoint ou du réseau de sociabilité et surtout appartenance générationnelle

………

Bambou : Au regard, notamment, de la dominante affinitaire des pratiques du web (avec l’essor, entre autres, des forums web et des sites communautaires), existe t-il encore une correspondance stricte entre la position sociale des individus et leurs rapports à la culture ?

Olivier Donnat : Incontestablement, les progrès considérables de la scolarisation et de la mobilité, la montée en puissance des industries culturelles et des médias depuis les années 80 et, plus récemment, l’arrivée du numérique ont profondément modifié les conditions d’accès à l’art et à la culture et brouillé les rapports d’homologie décrits par la sociologie de la légitimité culturelle. Mais la logique du cumul reste souvent dominante dans le domaine culturel : la culture a tendance à aller à la culture, comme l’argent va à l’argent, si bien que les milieux favorisés ont été les premiers à profiter de la diversification de l’offre culturelle et des nouveaux moyens d’accès à la culture ; ils ont largement intégré les écrans dans leur univers culturel sans modifier radicalement leurs habitudes, notamment en matière de fréquentation des lieux de spectacle ou d’exposition.

De même que les amateurs d’Arte ou des émissions culturelles à la radio ou à la télévision sont souvent des habitués des théâtres et des musées, les internautes amateurs de sites culturels fréquentent plus les équipements que la moyenne. De ce fait, le développement de la « culture à domicile » a jusqu’à présent surtout permis aux personnes ayant un intérêt pour l’art et la culture de diversifier leur univers culturel en cumulant les modes d’accès.

………

Bambou : Au fond, les pratiques culturelles aujourd’hui n’obligent-elles pas les acteurs culturels institutionnels à accepter (fut-ce au prix d’un certain désenchantement) le principe de réalité : réalité d’un public au pluriel (plutôt qu’au singulier), aux comportements « zappeur » (plutôt que permanent), polymorphes (plutôt qu’homogène), multi-personnel (plutôt que « cohérent »), en somme un public réel (plutôt qu’idéal) ?

Olivier Donnat : Je crois en effet que la révolution numérique oblige à repenser la question de la démocratisation et à réviser un certain nombre de représentations à travers lesquelles les médiateurs culturels pensaient la question du public. En effet, le numérique et les moyens de communication d’aujourd’hui (et plus encore de demain) offrent aux établissements la possibilité d’enrichir considérablement leur offre en proposant une palette diversifiée de services «à distance», et donc de toucher de nouveaux publics au delà des cercles de leurs habitués, tout en engageant avec eux un dialogue permanent et interactif. Cette nouvelle donne contribue par conséquent à décentrer la question des publics en l’étendant à celle de l’ensemble des usagers, qu’ils viennent en personne ou non dans l’établissement, obligeant à considérer les équipements culturels d’un regard neuf : les bibliothèques, les musées mais aussi les lieux de spectacle vivant, s’ils restent bien entendu les lieux privilégiés de la confrontation directe aux œuvres et aux artistes, sont aussi de plus en plus appelés à devenir des centres de ressources et des prestataires de services à distance, surtout bien entendu quand ils disposent de richesses susceptibles d’être numérisées.


* Voir, en ligne,  les éléments de synthèse, les résultats chiffrés, le questionnaire et la méthodologie de l’enquête.

**Olivier Donnat est sociologue au Département des Études, de la Prospective et des Statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication. En plus d’avoir dirigé les précédentes enquêtes sur les pratiques culturelles des Français, il est notamment l’auteur de : Les Français face à la culture. De l’exclusion à l’éclectisme (La Découverte, 1994), de Les amateurs : Enquête sur les activités artistiques des Français (La Documentation française, 1998) et de Regards croisés sur les pratiques culturelles (La Documentation française, 2003).

les profs et internet

L’expresso (cafépédagogique) du 24 novembre se fait l’écho d’une étude commandée par l’OCDE (et réalisée auprès de 11 pays) portant sur le niveau d »intégration, par les étudiants-enseignants, des technologies dans leurs pratiques pédagogiques. Et les conclusions ne sont guère enthousiasmantes, révélant que « les TIC ne sont pas utilisées régulièrement ou systématiquement dans les pays passés en revue » et mettent en évidence « la nécessité de mener conjointement les actions suivantes selon trois niveaux :
au niveau politique : expliciter les attentes et les évaluations, donner une plus grande flexibilité pour faire face à un domaine changeant ;
au niveau des gestionnaires (de l’institution) : offrir de meilleures possibilités de carrière et mettre en place des incitations à l’intégration des TIC plus pertinentes ; mettre à la disposition des acteurs un équipement approprié, expliciter les attentes vis-à-vis des établissements associés
et des tuteurs de stage (« mentors ») en complément de ce qui est énoncé ou demandé au niveau politique ;
au niveau des acteurs (formateurs, mentors, étudiants-enseignants) : faire preuve des compétences techniques basiques, intégrer les TIC de manière usuelle dans la matière enseignée ou lors des stages, connaître le monde technologique des élèves. »

Une autre étude (du National Center for Educational Statistics), réalisée outre-Atlantique et également relayée par l’Expresso (17 décembre), apporte un éclairage nettement plus encourageant :

  • 1 professeur sur 2 est formé à la sécurité sur Internet
  • 92% des établissements scolaires sont reliés à un réseau de district, généralement par fibre
  • 92% des disctricts mettent a disposition des enseignants des ressources en ligne
  • 82% leur offre de l’espace web
  • 62% offrent le même service aux écoliers et 83% aux élèves du secondaire
  • 95% des districts scolaires proposent des formations sur l’intégration des TIC aux enseignants
  • 55% exigent d’eux qu’ils suivent une formation sur la sécurité sur Internet
  • 58% estiment que leurs enseignants sont suffisamment formés pour intégrer les TIC dans leurs pratiques pédagogiques

2 études qui sont autant d’incitations pour les enseignants (et les bibliothécaires !) à intégrer les TIC dans leurs pratiques professionnelles, en consultant assidument, entre autres ressources, les sites réseau éducation-médias, lewebpédagogique, Ressources-profs, Cap TIC ou encore le blog du très bienfaiteur profgeek