Koha à Sulaimani

Koha libraryUne fois n’est pas coutume, ce retour d’expérience d’implantation de Koha ne nous vient pas d’une bibliothèque française mais de celle de Sulaimani, capitale de la Province d’As-Sulaymaniya, située au nord-est de l’Irak. Et ce, par la voix de Gaetan Boisson, chef de projet à la société BibLibre, missionné au printemps-été 2013 pour conduire cette entreprise inédite, manifestement passionnante à vivre, tant culturellement que professionnellement. Un grand merci donc à lui pour ce témoignage, que Bambou prend plaisir à diffuser auprès de ses nombreux lecteurs libristes et voyageurs.

Bambou : "BibLibre a été chargée d’installer Koha à Sulaimani, ce qui semble très inhabituel, pour ne pas dire exotique, dans votre activité de prestataire. Comment cette opportunité s’est-elle présentée ?"

G.Boisson : "En effet, inhabituel est un mot bien faible ! Le fait que BibLibre soit impliquée dans Koha depuis les balbutiements du projet n’y est certes pas pour rien… Même si bizarrement le lien était loin d’être direct. Un grand nombre de bibliothèques dans le monde utilisent Univ SoulaimaniKoha sans faire appel à aucun prestataire, et il y en a quelques unes en Irak. L’Université de Sulaimani a fait construire un campus entièrement neuf et très moderne. Cela comprenait la création d’une nouvelle bibliothèque, conçue pour accueillir 400 000 ouvrages et dotée des toutes dernières technologies (écrans tactiles, RFID, automates de numérisations, …). Le prestataire local (Mahmoud Jaff), qui avait vécu en Allemagne en tant que réfugié, a fait appel à un prestataire allemand pour l’ameublement, lequel a sollicité un consultant (Karl Wilhelm Neubauer) qu’il connaissait pour aider dans la gestion de la bibliothèque ; celui-ci a pris contact avec des membres de la communauté Koha en Allemagne et ce sont ces derniers qui nous ont recommandés !"

Bambou : "Pouvez-vous nous décrire le contexte de cette bibliothèque, ses fonctions, caractéristiques… ?"

G.Boisson : "Il s’agit d’une grande bibliothèque universitaire, couvrant tous les sujets enseignés à l’Université de Sulaimani. A l’origine, elle était conçue pour ne pasUniversity Library of Sulemania faire de prêt et servir essentiellement d’espace de travail pour les étudiants et les professeurs. Mais au cours du projet, il est apparu bien plus intéressant de tirer parti de la RFID et de la ré-informatisation pour mettre en place la circulation des documents. Aujourd’hui, en plus d’offrir aux étudiants de vastes salles d’études, de mettre à leur disposition du matériel informatique, une connexion internet et un accès aux bases de données en ligne, elle leur permet donc également d’emprunter des documents pour travailler chez eux."

Bambou : "Quel a été votre rôle pendant cette mission ?"

G.Boisson : "Je me suis rendu à deux reprises sur place. La première fois (avril 2013) afin de comprendre les besoins spécifiques des équipes et de les aider à prendre les bonnes décisions pour le paramétrage de Koha. Nous avons alors également passé beaucoup de temps à définir comment les données serEcriture kurdeaient récupérées dans Koha. A l’origine la bibliothèque utilisait une multitude de bases Access et de fichiers Excel pour gérer son catalogue. Il a donc fallu en centraliser un maximum afin de ne disposer que d’une seule base. Surtout, nous avons dû réfléchir à la gestion de la bi-bidirectionnalité du texte : le kurde s’écrit de droite à gauche, mais, comme en arabe, les chiffres s’écrivent de gauche à droite. En plus, comme on mélange en permanence différents systèmes d’écritures entre l’interface et les notices (parfois elles-même contenant plusieurs écritures), on travaille avec du texte qui peut changer de direction à tout moment. Il y avait donc quelques cas particuliers à gérer… Cela a d’ailleurs été l’un des aspects les plus passionnants de ce projet.
Lors de mon deuxième voyage (juin-juillet 2013), nous avons finalisé la mise en place du système, et formé les équipes. Entre-temps, nous avions travaillé sur la migration et j’avais coordonné le processus de traduction lancé par les équipes kurdes. Nous avions malheureusement gravement sous-estimé la quantité de travail et les délais étaient très courts avant la mise en production : à l’approche de la livraison, trois traducteurs se relayaient en faisant les trois huit pour finaliser le travail !"

Bambou : "Où en est aujourd’hui le projet ?"

G.Boisson : "La bibliothèque a malheureusement eu, pendant longtemps, de lourds problèmes d’infrastructure qui ont empêché la bibliothèque de travailler dans Koha. Fort heureusement, depuis maintenant 2 mois, tous ces problèmes sont réglés et l’équipe a pu reprendre le travail ! La leçon que j’en retire reste malgré tout que dans les pays en situation de crise, il vaut mieux proposer une solution hébergée : cela permet à la bibliothèque de se concentrer sur son travail plutôt que d’avoir à régler des problèmes techniques."

Bambou : "Les bibliothécaires de cet établissement souhaitent-ils s’investir dans la communauté Koha ? Quels sont leurs projets autour de Koha ?"

G.Boisson : "Ils s’y sont déjà fortement investis en produisant une traduction kurde d’une grande partie des interfaces ! Cela-dit, avec cette question, vous touchez à l’une de mes grandes préoccupations : comment intéresser plus de personnes ailleurs que dans les pays occidentaux à rejoindre la communauté et à participer au développement de Koha. Nous entendons en effet régulièrement parler de grands projets lancés autour de Koha par la Turquie, la Malaisie, mais leurs acteurs n’interagissent que rarement avec la communauté. Sans doute que ses codes, très occidentaux, voire nord-américains, ne sont pas faciles à appréhender partout, et nous-même, en tant que membres de la communauté, ne savons peut-être pas toujours répondre de façon adéquate à des requêtes formulées sur un mode sortant justement de ces codes. Toujours est-il que nous bénéficierions certainement beaucoup de l’opinion d’usagers venant de contextes aussi différents, mais nous n’avons que rarement l’occasion de les entendre."

Bambou : "Que retenez-vous de cette expérience ?"

G.Boisson : "Comme toujours face à un contexte différent, l’équilibre entre la nécessité de très bien documenter toutes les décisions prises, la fermeté avec laquelle on tiendra la barre pour les faire appliquer et la flexibilité dont il faut faire Sulaimani 1preuve face à la vitesse et la légèreté avec laquelle elles sont remises en question sont essentielles ! Cela vaut bien sûr pour tous les projets. Enfin, ça c’est une réponse froide et professionnelle… Ce qu’en j’en retiendrai réellement, ce sera d’avoir rencontré des gens passionnés, qui ont donné une énergie incroyable pour ce projet et ont fait preuve d’une grande volonté pour améliorer l’accès à l’éducation et à la connaissance dans leur pays. Je pense notamment à Mme Shler Faraj qui a été investie à fond dans le projet et a beaucoup donné pour la modernisation de sa bibliothèque. Je me souviendrai surtout des conversations que j’ai pu avoir avec les différents acteurs du projet et parfois même leur famille, non pas sur notre travail, mais concernant l’histoire de leur peuple et leur situation si particulière. Ça a été une chance inestimable que de pouvoir les rencontrer et d’écouter leurs récits."Kurdistan irakienSulaimani 2Sulaimani

Assistez au symposium Koha 2014 !

Koha blue logoA ne pas manquer, ces nouvelles rencontres autour de Koha, succédant à celles de 2010 (Miramas/MIOP), de 2011 (Lyon 2), de 2012 (Paris/Bulac) et de 2013 (Limoges/ BFM & BU Droit), des rencontres qui ont vu chaque année s’accroître le nombre de participants, utilisateurs ou futurs utilisateurs du logiciel libre et communautaire Koha.

Les 2 et 3 juin prochains, ce sera donc au tour de nos collègues de Logo_IEP_Grenoble(1)l’IEP de Grenoble, établissement entré dans la communauté Koha en 2009, d’organiser (avec le précieux soutien de l’association Kohala) un symposium dense et éclectique, regroupant retours d’expériences, projets d’intégration, démo de la nouvelle version, ainsi que plusieurs ateliers consacrés à des questions fonctionnelles et techniques (Install-party, initiation Koha, Patchs, requêtes SQL).

Venez nombreux !

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Programme

Lundi 2 juin 2014

  • 10h30 – 12h00 : Assemblée Générale de l’association Kohala
  • 11h30-13h30 : Accueil, retrait des dossiers, café
  • 13h30 : Accueil, Introduction
  • 14h00-16h00 : Retours d’expérience
  • 16h-16h30 : Pause café
  • 16h30-17h30 : Session "Évaluation des usages"
    • Les usages de l’OPAC à partir des statistiques de Piwik (IEP Grenoble)
    • Requêtes SQL : (Ecole des Chartes, SCD Université Paris-Sud)
  • 17h45 : Visite Bibliothèque de l’IEP + Cocktail

Mardi 3 juin 2014

  • 9h00-9h30 : Accueil, café
  • 9h30-12h30 :
    • Install Party
    • Découverte koha (opac / pro)
    • Signature de patchs [attention, atelier limité à 15 personnes, inscription préalable]
  • 11h-12h30 : Atelier Koha et les services web
    • Mirabel (IEP Lyon)
    • Biblio+ pour Koha (SCD Université Paris-Sud)
  • 15h30-15h45 :Pause café
  • 15h45-16h15 : Présentation des nouveautés de la version 3.16
  • 16h15-16h30 : Conclusions et clôture du symposium

→ Lieu: Institut d’Études Politiques
1030 av. centrale – Domaine Universitaire – 38400 Saint-Martin-d’Hères
Inscription en ligne ici
Infos pratiques

"L’enfant et le numérique" par Serge Tisseron

Après les communications de Pierre Mounier sur “La culture est-elle soluble dans l’e-book? Les enjeux de la métamorphose du livre à l’ère numérique”, de Dominique Cardon sur “Les sociabilités numériques”, de Thierry Baccino sur “la lecture numérique”, et celle de Lorenzo Soccavo sur “De l’imprimé au numérique”, Bambou vous recommande de visionner celle de Serge Tisseron* que nous avons eu le plaisir d’accueillir, le 30 janvier dernier, à Miramas. Une conférence qui avait pour titre "L’enfant et le numérique".

*Serge Tisseron est psychiatre et directeur de recherche à l’université Paris VII Denis Diderot. Auteur de nombreux essais, il a publié plusieurs ouvrages sur la thématique de l’enfant et des écrans. Depuis 2007, il développe le concept «3-6-9-12». Selon cette théorie, à chaque âge correspondrait un usage des écrans.

Sélection bibliographique des ouvrages de Serge Tisseron :

  • Apprivoiser les écrans et grandir : 3-6-9-12, Erès, 2013
  • L’enfant et les écrans, Le Pommier, 2013
  • L’enfant au risque du virtuel, Dunod, 2012
  • Faut-il interdire les écrans aux enfants, Mordicus, 2009
  • Les dangers de la télé pour les bébés, Erès, 2009
  • Qui a peur des jeux vidéos, Albin Michel, 2008
  • Manuel à l’usage des parents dont les enfants regardent trop la télévision, Bayard, 2004
  • Les enfants sous influence. Les écrans rendent-ils les jeunes violents, A. Colin, 2000

→ Le blog de Serge Tisseron

Pour approfondir la question :

Journée d’étude Poldoc – Appel à communications

poldocLe groupe Poldoc, créé en 1999, s’intéresse aux politiques documentaires dans les bibliothèques ; il a fondé un site de ressources mutualisées sur les outils des politiques documentaires.
Après quelques années de moindre activité coïncidant paradoxalement avec un développement important des problématiques de politique documentaire dans les établissements, un groupe d’acteurs dans ce domaine a décidé de relancer ce groupe, lieu toujours indispensable de coordination et de mutualisation. L’année 2014 verra les premiers signes de cette renaissance, avec refonte du site Poldoc et une nouvelle journée d’étude : Quelles politiques documentaires en environnement hybride ?

Thème général :
Une perplexité aujourd’hui récurrente dans la définition d’une politique documentaire est l’articulation possible des différents types de ressources, imprimés et numériques notamment, dans un contexte de moyens financiers et humains limités. Le concept de « bibliothèque hybride », né au Royaume-Uni du rapport Follett en 1993, apparait encore pertinent au travers du constat de la réalité des ressources documentaires des bibliothèques. Ce mariage complexe d’une offre numérique et de collections matérielles pose des problèmes de gestion cohérente, de choix stratégiques, de services de médiation, rendus plus complexes du fait de la diversité des usages comme des tensions en moyens.
La journée d’étude se propose de refléter l’approche contemporaine de ces enjeux et de nourrir la réflexion à travers des contributions venues de tous horizons.

Thématiques :
Sont recherchées les approches qui aborderont le caractère hybride des ressources physiques et numériques dans ses dispositions de convergence ou de conflit :
- l’organisation de la documentation en réseau(x), intégrés ou non
- la question de l’évaluation des ressources, tant en termes de pertinence que d’usages
- la structuration de l’information bibliographique et textuelle
- les interfaces d’accès et les procédures de recherche
- l’intégration dans des procédures et documents homogènes
- la pertinence ou non de la discrimination complémentarité / substitution
- la médiation des ressources et la visibilité du numérique dans le physique et réciproquement
- l’intégration dans le(s) modèle(s) économique(s) de la bibliothèque
- les questions relatives au dilemme entre encyclopédisme, spécialisation ou différenciation
- les compétences, activités et conditions d’exercice des responsables documentaires
- les nouveaux enjeux de la demande dans ce contexte hybride

Les propositions de contribution :

  • doivent être accompagnées d’une brève présentation qui présente sommairement le sujet traité, et des qualités et coordonnées de la personne qui propose la contribution
  • doivent être conçues pour des interventions d’1 heure maximum
  • doivent être adressées avant le 1er mai 2014 au groupe Poldoc (à l’adresse : bertrand.calenge@enssib.fr )
  • le comité d’organisation étudiera les propositions et donnera sa réponse au plus tard le 1er juin 2014.

NB. l’accès à la journée d’étude sera gratuit sur inscription préalable

Contact : Bertrand Calenge (bertrand.calenge@enssib.fr)
Site internet de l’événement : http://poldoc.enssib.fr/
Adresse événement : ENSSIB
17-21 bd du 11 novembre 1918
69623 Villeurbanne Cedex
France

"De l’imprimé au numérique" / Lorenzo Soccavo

Après les communications de Pierre Mounier sur “La culture est-elle soluble dans l’e-book? Les enjeux de la métamorphose du livre à l’ère numérique”, de Dominique Cardon sur “les sociabilités numériques” et de Thierry Baccino sur “la lecture numérique”, Bambou vous recommande de visionner celle de Lorenzo Soccavo, que nous avons eu le plaisir d’accueillir, le 7 juillet dernier, à la Médiathèque de Miramas. Une communication qui avait pour titre "De l’imprimé au numérique : enjeux et perspectives pour les bibliothèques"

*Lorenzo Soccavo est consultant indépendant (PLE-Consulting) en prospective du livre et de l’édition à Paris. Il travaille avec les professionnels de la filière graphique et avec ceux des filières numériques, afin de les rapprocher et de les accompagner dans l’évolution du livre et de son marché. Son Livre Blanc sur la Prospective du Livre et de l’Edition est consultable sur le site de la bibliothèque numérique de L’ENSSIB.

Les plateformes de Lorenzo Soccavo :

Ouvrages disponibles à la MIOP :

 Articles et livres en ligne :

Pour aller plus loin (ou à côté), voir aussi :

Koha : les retours de Montauban et Vitré

3 ans après le déploiement de Koha au sein de leur médiathèque, Florence Dimani Koha(responsable du pôle "Système d’information / Traitement du document" à la médiathèque de Montauban) et Rozenn Davenel (responsable informatique documentaire et multimédia à la médiathèque de Vitré) ont bien voulu se prêter à notre jeu des questions-réponses et ainsi nous livrer leur premier retour d’expérience.

Bambou : "Pourquoi avez-vous fait le choix d’un logiciel libre et de Koha en particulier ?" 

Vitré : "La direction ayant porté la décision à l’époque n’est plus présente, mais cette responsable était très favorable aux logiciels libres et aux options proposées par Koha. Le prix a probablement été également déterminant."

Montauban : "Le choix d’un logiciel libre s’est fait principalement pour des raisons financières, Koha étant à l’époque sensiblement moins cher à l’installation et plus encore en matière de maintenance que ses autres concurrents."

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Bambou : "Comment s’est passée l’intégration (en termes technique, organisationnel…) ?"

Vitré : "L’intégration n’a pas été un long fleuve tranquille ..! Un problème d’export de la part de la société propriétaire de notre ancien logiciel ; une formation pas assez poussée ; et une mise en route dans la douleur avec l’utilisation du module de prêts secourus dès les premiers jours de réouverture !! Ajoutez une direction vacante et donc l’absence de référent Koha identifié pendant un an et vous obtenez une mise en route très difficile et douloureuse pour l’équipe. Autre problème : aucune vérification sérieuse de la base n’a été effectuée suite à la migration.
L’arrivée d’une nouvelle responsable en juillet 2011 et une nouvelle organisation mise en place en janvier 2012 nous ont permis de recadrer les choses.
Travaillant en Espace adulte, j’ai été affectée pour une partie de mon temps à Koha. La réalisation de nos premiers Médiathèque de Vitrébilans statistiques m’a permis de nettoyer notre base et de m’impliquer vraiment dans la prise en main de ce SIGB. L’année 2013 marque un tournant dans notre appropriation de Koha : rédaction du nouveau marché de maintenance, changement de version 3.2 Biblibre à 3.10 (un bond !), première participation au symposium à Limoges, … et bientôt testeur de la version 3.14 pour Biblibre ! Que de chemin parcouru …
Je tiens à préciser ici l’importance qu’a eu pour moi la participation au symposium 2013. La participation aux ateliers, les rencontres avec les collègues utilisateurs et/ou développeurs et les prestataires, les échanges et questionnements partagés, … tout cela m’a "décomplexée" vis-à-vis de Koha. De plus, cela facilite les échanges post-symposium pour des demandes de renseignements entre collègues !
Depuis nous continuons et avons mise en place des formations koha pour l’ensemble de l’équipe. Le prochain objectif étant de remonter le niveau général de l’équipe dans sa maîtrise de l’outil et que je puisse m’appuyer et être relayée dans mon rôle de "correspondant koha" par un collègue."

Montauban : "De manière assez compliquée et particulière dans la mesure ou notre intégration a dû être avancée de 2 mois car nous avons eu des problèmes sur notre matériel informatique."

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Bambou : "Quels impacts ce choix logiciel a-t-il eu et/ou aura-t-il, selon vous, sur le plan de votre organisation, de vos choix stratégiques informatiques ?  

Vitré : "Le gros impact de Koha sur nos pratiques, c’est son aspect communautaire. Nous n’en avions pas conscience avant 2013 et la rédaction de notre nouveau marché. Nous avons fait le choix de quitter notre version spécifique avec un développement que nous avions financé (mais qui entrait en concurrence avec la version communautaire). En effet, nous souhaitons progresser au rythme des avancées de la communauté : nous avons certes perdu quelques spécificités "vitréennes", mais nous aurons toujours plus à gagner ! Ce qu’une bibliothèque doit prendre en compte lorsqu’elle fait le choix de Koha, c’est l’investissement d’une ou plusieurs personnes de son équipe dans la maîtrise du logiciel de manière plus approfondie qu’avec un logiciel propriétaire."

Montauban : "Au niveau de notre organisation, ce choix nous a permis de recruter un cadre A permettant d’assurer l’administration de la base de données, ainsi que d’autres missions transversales comme la responsabilité de la chaine de traitement du Médiathèque de Montaubandocument, le suivi du projet de la médiathèque au début de sa construction, notamment en termes de mise en place du système d’information ainsi que de développement de services informatiques et multimédia. Cela a également permis une mise à plat des pratiques de catalogage des agents, ainsi qu’une homogénéisation de leurs pratiques. Cela été enfin l’occasion de faire un état des compétences en bureautique et multimédia de manière plus globale et effectuer des mises à niveau en conséquence pour l’ensemble de l’équipe."

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Bambou : "Quelles sont vos évaluations sur le fonctionnement du logiciel ? Avez-vous eu des retours de la part de vos utilisateurs (professionnels comme usagers) ?" 

Vitré : "A mon sens, Koha est un SIGB avec un énorme potentiel, que nous n’exploitons qu’en partie (faute de temps et de compétences). Nous n’avons pas réellement de retours d’usagers, hormis la satisfaction de pouvoir gérer leurs comptes à distance (avant Koha, nous n’avions pas de site internet). Professionnellement, la partie statistiques s’est révélée très ardue : niveau de compétence zéro en SQL et méconnaissance de la structure de la base. Pour pallier ce manque, nous avons d’ailleurs récemment bénéficié de plusieurs formations aux modules statistiques et administration, lesquelles se sont avérées très instructives !! On peut conseiller aux bibliothèques se lançant dans l’aventure Koha :
- d’avoir l’appui de son service informatique,
et/ou
- d’avoir des compétences en informatique documentaire dans le service
et/ou
- d’investir dans de la formation pour maîtriser l’outil."

Montauban : "De belles améliorations ont perfectionné Koha depuis quelques années, nous avons commencé avec Koha alors que la modification d’exemplaires par lots n’existait pas à l’époque, il était relativement difficile d’accepter une "régression" de fonctionnalités d’un logiciel à l’autre… Mais les mises à jour se sont succédées et ont amélioré les performances et les fonctionnalités du logiciel et ont finalement conquis les professionnels. Nous attendons maintenant avec impatience l’acceptation par la communauté de la modification de notices par lot afin de pouvoir accéder à la dernière version….
Quant aux usagers, Koha a été dès le départ très bien accueilli par notre public dans la mesure ou l’OPAC de l’ancien logiciel n’était pas en full web et relativement austère. Aussi, l’OPAC en ligne et les fonctionnalités 2.0 ont ravi l’ensemble de nos utilisateurs. Depuis presque 1 an, nous avons un autre portail/OPAC."

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Bambou : "Vous êtes pionniers dans l’utilisation de Koha couplé avec la technologie RFID. En êtes-vous satisfaite ?

Montauban : "En 2010, nous sommes passés à une automatisation intégrale des prêts via les automate de prêts RFID puis, en 2013, à la nouvelle médiathèque, nous avons automatisé l’intégralité des transactions de documents : prêts et retours. La période de rodage et d’acceptation est assez longue et nécessite un grand travail de médiation à ne pas négliger, auprès des équipes de professionnels mais surtout auprès des usagers. A ce jour, malgré les difficultés de réglages que nous avons eu sur le robot de tri des retours, les réajustements que nous avons dû faire en terme de gestion des flux d’usagers en périodes de pointe, nous sommes globalement satisfaits de ce fonctionnement, mais nous gardons à l’esprit qu’une machine ne peut complètement remplacer un être humain, que le bibliothécaire doit toujours pouvoir se rendre disponible pour accompagner l’usager dans l’utilisation de l’automate, bien que celle-ci soit de plus en plus intuitive…"

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Bambou : "Avez-vous des projets à venir sur d’autres briques logicielles (CMS, RFID, GED…) ?" 

Vitré : "La médiathèque se prépare au passage en RFID avec automates de prêts tout au long de cette année pour une ouverture avec le nouveau dispositif en fin d’année. Quant au CMS, c’est l’un de nos souhaits. En effet, nous utilisons aujourd’hui l’OPAC Koha comme site Internet et cela n’est vraiment pas satisfaisant, vous vous en doutez bien. Affaire à suivre …"

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Bambou : "Quelles évolutions (fonctionnelles et/ou techniques) attendriez-vous de Koha aujourd’hui ?  

Vitré : "Koha supporte la RFID mais un développement qui nous permettrait d’utiliser seulement Koha et non les interfaces logicielles d’un prestataire serait grandement apprécié !"

Montauban : "La modification de notices par lots ! Elle nous permettra de changer de version et de bénéficier des nouveaux apports de la dernière version."

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Bambou : "Envisagez-vous, à court ou moyen termes, de participer au développement fonctionnel du logiciel, de vous positionner comme un acteur-contributeur au sein de la communauté Koha ?"  

Vitré : "Je n’estime pas en avoir les compétences !!! Et pour l’instant le temps … Je suis avant tout bibliothécaire et pas une "technicienne". J’ai encore besoin de "traductions" pour une partie du langage purement informatique de Koha ! Mais je ne désespère pas … ;)."

Montauban : « Oui bien sûr. Malheureusement comme beaucoup, le temps nous manque, notre contribution reste donc à ce jour à petit niveau…"

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Informations complémentaires sur les médiathèques de Montauban et Vitré

Montauban
Collections :

  • 100 000 documents (dont 6 000 DVD et 12 000 CD)
  • 8 ressources numériques en autoformation, VOD, à destination des enfants, de déficients visuels

Espace et services :

  • 3 niveaux + 1 niveau dédié aux expositions (320m²) axées sur l’art actuel et contemporain Des cours/initiations/formations en informatique, multimédia et jeux vidéo.
  • Un pôle jeux vidéo composé de 4 Playstations + 1 Wii
  • Un auditorium de 120 places
  • Un espace cafétéria
  • + Portail documentaire

Action culturelle : une offre d’actions à destination de tous les publics : contes, spectacles, concerts, ciné/concert, atelier tricot, atelier de lecture à voix haute, atelier d’écriture, tournois de jeux vidéo, stages, etc.

Equipement informatique :

  • 40 ordinateurs en pôle, dont une salle dédiée avec 10 PC et 2 Imac
  • Prêts/retours intégralement automatisés (RFID)
  • Wifi sur l’ensemble du bâtiment
  • 4 Ipads et 4 liseuses en consultation sur place

Activité :

  • Une moyenne de 34 400 prêts mensuels
  • Plus de 12 000 usagers inscrits utilisateurs de nos services

Personnel : 27 agents

En projet pour 2014 :
– Mise en circulation de 15 liseuses à destination du prêt.
– Mise en circulation de 10 tablettes Samsung en prêt.
– 3 ressources numériques supplémentaires, notamment offre presse en ligne et e-book
– Développement d’animation à partir d’un tableau interactif Smart.
– Projet « Fablab » avec mise en circulation d’une imprimante 3D et d’une machine à coudre programmée par ordinateur
– Elargissement du parc public avec la mise en service de prêts d’ordinateurs portables intra-muros.

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Vitré
Population desservie : 17 544 habitants
Bien que municipale, la médiathèque a cependant un rayonnement sur la communauté d’agglomération de Vitré-Communauté puisque 42% des emprunteurs actifs viennent des communes périphériques (37 communes pour 66 793 habitants à Vitré-communauté – DGF Vitré Communauté).
A noter : Depuis le 1er janvier 2014 la communauté d’agglomération s’est agrandie et est dorénavant composée de 46 communes pour 80 000 habitants.

Adhérents médiathèque :

  • 5 624 emprunteurs actifs
  • 130 collectivités actives

Personnel :
15 personnes salariées, dont deux postes non-permanents

Activités :

  • 323 152 transactions (prêts + renouvellements)
  • 104 155 entrées

Espace :

  • Surface totale de 1 500 m2 sur 2 étages :
    • un espace adulte et un espace multimédia (24 postes informatiques) au rez-de-chaussée
    • un espace jeunesse et un espace des arts à l’étage

Collections :

  • 134 244 notices gérées via le SIGB Koha
  • 100 241 documents (hors périodiques)
  • 190 abonnements à des périodiques
  • un catalogue web

Action culturelle :
– Médiathèque  labellisée « Pôle Borgès »
– « Rendez-Vous Livres » : rencontres mensuelles autour de sélections
– « Renc’art » : expositions régulières d’artistes amateurs locaux en Espace des Arts

Une page facebook

Nouvelle année, nouveaux ateliers (jeunesse) à la MIOP !

Atelier web JeunesseEn octobre 2010, le département jeunesse initiait 2 ateliers internet dédiés aux 7-11 ans, adhérents à la MIOP. Réalisés sur l’ensemble des pôles jeunesse du réseau, ils ont accompagné plus de 400 enfants dans la découverte et l’appropriation du net. Au terme de plus de trois ans d’activité et fort d’une évaluation complète de ce service, deux constats se sont imposés :
- L’atelier "Communiquer sans danger" a été plébiscité, souvent sur prescription des parents, alors que "Google et Cie" n’a pas recueilli l’adhésion attendue.
- Les contenus de formation, sans devenir totalement obsolètes, ont valu d’être réactualisés, tout en considérant l’évolution des usages et des outils.

Lors du dernier trimestre 2013, trois groupes de travail se sont alors mobilisés pour mettre à jour les fiches pédagogiques, les mémentos et le lexique commun, ainsi que pour élaborer une 3ème offre d’atelier, suite logique des deux premiers, avec pour objectif plus stratégique de relancer l’intérêt pour celui consacré à la recherche. Ces 3 ateliers, d’une durée de 45 mn, sont aujourd’hui en activité sur le réseau, animés par les bibliothécaires jeunesse qui en ont eux-mêmes travaillé les contenus.

En voici les principales caractéristiques :

L’atelier "Communique sans danger" propose aux enfants de déjouer les pièges du net en étant conscients des dangers potentiels. Internet est un fabuleux vecteur de communication dont il est nécessaire de connaître les codes, les outils et les usages. L’atelier détaille donc précisément tous les moyens de communication à disposition des internautes, sensibilise les enfants aux risques encourus et décrit les bons réflexes à adopter et les précautions à prendre. Il incite l’enfant à être responsable et réellement acteur de sa communication. Les vidéos, jeux et quizz facilitent, par leur côté ludique, la compréhension et l’appropriation de cet univers vaste et passionnant. Un mémento, le poster de la CNIL sont distribués à la fin de la séance. Par ailleurs, un guide à l’usage des parents est aussi disponible au sein des pôles jeunesse.

L’atelier "Bien chercher pour bien trouver sur internet" se présente comme une initiation à la recherche documentaire sur le web. En effet, comment s’y retrouver dans les milliards de pages proposées sur la toile? Il aborde donc en premier lieu les différents types d’informations disponibles sur internet. Les outils consacrés à la recherche sont ensuite passés en revue pour apprendre à bien les utiliser. Un focus sur le portail de la MIOP et sur l’Espace jeunesse est également proposé. Préalablement à l’atelier, au moment de l’inscription, l’enfant est invité à préciser son thème de recherche. Ainsi, l’atelier et les différentes notions abordées prennent tout leur sens. Les résultats de recherches sont ensuite triés, évalués, vérifiés et collectés pour une exploitation optimale. Une clé USB est indispensable pour sauvegarder ces résultats. Un mémento est distribué à la fin de la séance.

Le nouvel atelier "Ton premier diaporama" a pour objectif d’initier l’enfant à la découverte et à l’utilisation d’un logiciel libre et gratuit : OOo4KIDS. Cet atelier n’est accessible que si l’enfant a participé à la formation "Bien chercher pour bien trouver sur internet". L’enfant est alors invité à créer son propre diaporama et ainsi proposer une version illustrée et animée des recherches effectuées lors de l’atelier précédent. Une clé USB est indispensable pour sauvegarder et emporter le résultat de ce travail. Un mémento est distribué à la fin de la séance.Flyer (verso) ateliers web Jeunesse

Un lexique commun aux trois ateliers est aussi distribué à la fin de chaque séance.

Pour accompagner ces nouveaux services, une campagne de communication a été lancée. Les nouveaux flyers ronds, dont le recto n’a pas changé, indiquent sur leur verso l’ensemble des propositions de formation à destination des enfants.

Après quelques jours de fonctionnement, l’intérêt déjà manifesté par ce public est des plus encourageants :)

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